Le service d’accès aux soins (SAS) monte en puissance et fait ses preuves : c’est l’enseignement principal du bilan 2025 que dévoile l’URPS médecins libéraux (URPS-ML) Centre-Val de Loire, qui publie un audit prometteur du déploiement l’an passé des SAS dans les six départements de cette région, couvrant un bassin de 2,6 millions d’habitants.
Pour rappel, le SAS est un service départemental de régulation médicale libérale visant à apporter au patient une réponse à sa demande de soins urgents ou non programmés (SNP), en journée, dans un délai de vingt-quatre à quarante-huit heures, en lien étroit avec les Samu et les acteurs territoriaux. Créée en 2019, l’annonce de la généralisation du SAS à l’horizon 2024 avait fait tiquer la profession – beaucoup de libéraux craignant une mainmise de cette plateforme par les hospitaliers et de nouvelles contraintes.
Mais dans la région Centre-Val de Loire, les retours sont encourageants. D’abord côté chiffres : en 2025, 151 040 dossiers de régulation médicale (DRM) ont été traités par les SAS, soit 109 patients orientés par jour en moyenne, ce qui témoigne d’un vrai service pour désengorger les urgences hospitalières. « Des pics d’activité atteignant 130 DRM par jour et par département ont été observés fin 2025, confirmant l’utilité du dispositif dans les périodes de forte tension sanitaire », se félicite l’URPS-ML.
Surtout, les réponses apportées aux patients montrent l’utilité de cette plateforme pour prendre en charge directement une majorité de consultations imprévues, sans recours aux urgences : 43 % des appels ont donné lieu à un « conseil médical simple » (64 872 situations) ; 33 % des recours ont abouti à une « orientation vers une consultation de soins non programmés » avec un médecin libéral (49 423 orientations) et seulement 7 % des appels ont nécessité une réorientation vers les urgences hospitalières (10 788 cas). À noter que 17 % des situations ont débouché sur une autre orientation – ordonnances, HAD, requalification AMU… « Ces résultats démontrent que les SAS constituent de véritables outils d’orientation des patients vers la meilleure prise en charge, au bon moment et au bon endroit. Ils participent à limiter la saturation des services d’urgences », se réjouit l’Union.
L’engagement des médecins libéraux, gage d’efficacité
Autre signal favorable : l’engagement volontaire significatif des praticiens libéraux de la région et des équipes salariées, se félicite l’URPS-ML. L’an passé, « 94 médecins régulateurs libéraux » ont assuré des vacations de régulation et le taux moyen d’occupation des plannings de régulation a atteint 80 % dans la région.
Parallèlement, « 705 médecins effecteurs », soit 43 % des médecins généralistes libéraux de la région ont mis à disposition des créneaux de soins non-programmés, libérant leurs plannings (souvent déjà très chargés) pour répondre précisément au SAS. Enfin, 31 opérateurs de soins non-programmes (OSNP) ont participé au dispositif.

Objectif : renforcer les équipes de médecins régulateurs
« Au total, ce sont donc plus de 150 000 dossiers de régulation réalisés, et près de 50 000 consultations supplémentaires en ville assurées dans le cadre du SAS, en complément de l’activité quotidienne des cabinets », souligne l’URPS. Une performance à mettre en regard du contexte de la tension démographique médicale d’une région qui compte seulement 1 621 généralistes libéraux, « avec des densités variables selon les territoires ».
Mais l’URPS-ML et les SAS départementaux n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils ont déjà identifié leur premier objectif pour 2026 : renforcer les équipes de médecins régulateurs, « une nécessité ». En ce sens a été lancée une campagne de recrutement à destination des généralistes installés, remplaçants et retraités. Toutes les forces vives sont les bienvenues pour faire tourner le SAS.
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