Éditorial

Changement de méthode

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Publié le 23/01/2026
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Trop, c’est trop. Après les multiples attaques contre la liberté d’installation et l’exercice ayant jalonné 2025, le budget de la Sécu et le projet de loi contre la fraude avaient provoqué l’ire des praticiens libéraux en fin d’année. La riposte des blouses blanches s’est traduite par une mobilisation unitaire historique dès le 5 janvier. Pendant dix jours, libéraux, cliniques ainsi qu’internes et étudiants en médecine ont multiplié les actions, allant des fermetures de cabinets à un « exil » symbolique des spécialistes de bloc opératoire à Bruxelles, en passant par une grande manifestation qui a réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Paris le 10 janvier.

Dix jours de grève qui ont payé !

Dix jours de grève qui ont payé ! Le gouvernement a ainsi fait marche arrière sur les mesures les plus urticantes pour la profession (lire page 16). Insistant sur « sa compréhension et son attention » face aux inquiétudes des médecins, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est notamment engagée à écarter l’obligation de mise sous objectif (MSO) en première intention des prescriptions excessives, notamment d’arrêts de travail. Autre recul : la locataire de Ségur qui avait déjà assuré ne pas les utiliser, entend supprimer les mesures de la LFSS 2026 permettant des baisses unilatérales de tarifs. Les annonces de la ministre ont aussi concerné le cumul emploi-retraite, un guichet unique pour l’installation…

Une victoire pour la profession ? Si ils ont salué ces annonces, les syndicats se montrent « vigilants » attendant des « mesures concrètes et étayées, assorties du bon cadre de déploiement », ont-ils écrit dans un communiqué commun. Saluant « tous ceux qui se sont mobilisés », les représentants des blouses blanches l’ont martelé : « L’efficience et la soutenabilité de notre système de santé, et l’accès aux soins, passent par un changement drastique de méthode et le respect de notre secteur d’activité ».

Une aspiration entendue par Stéphanie Rist, qui espère bien renouer le dialogue. La ministre compte changer de méthode en menant avec les syndicats « des points d’étape tous les deux mois » afin de suivre l’avancée des différents travaux, définir de nouveaux objectifs communs et anticiper la construction du prochain budget de la Sécu. Cela suffira-t-il à restaurer la confiance dans le contexte politique incertain ?


Source : Le Quotidien du Médecin