Encore une année chargée sur le front de la santé ! Il est difficile de s’y retrouver entre incertitudes sur les financements, menaces sur l’exercice et instabilité politique chronique qui ont, à nouveau, bousculé le secteur. Heureusement, des avancées médicales sont venues contrebalancer ce lot de mauvaises nouvelles…
Dès le début 2025, les défis semblaient immenses. Fraichement nommé à Ségur, le Dr YannickNeuder a dû faire face à l’urgence sanitaire à Mayotte, après le passage du cyclone Chido. Le ministre délégué à la Santé a également porté le projet de loi de financement de la Sécu (PLFSS) pour l’année déjà entamée – l’adoption étant intervenue mi-février. Si, finalement une rallonge d’un milliard est votée sur l’enveloppe initiale dédiée au secteur hospitalier, l’inquiétude grandit rapidement sur fond d’aggravation des déficits des CHU. Las, fin juin, un plan de redressement d’1,7 milliard d’euros est annoncé pour contrer les dérives budgétaires. Avec effets immédiats : reprise d’une réserve prudentielle pour l’hôpital (700 millions d‘euros) et report de six mois de revalorisations en médecine libérale. La pilule est amère.
Le corps médical est aussi victime de la dégradation de l’accès aux soins
Sans compter les multiples attaques et fausses bonnes idées de la classe politique sous couvert d’améliorer l’accès aux soins : qui voulant réguler l’installation, qui appelant à une solidarité territoriale, qui créant le réseau France Santé avec la promesse d’un rendez-vous médical dans les 48 heures… Quitte à réinventer le service d’accès aux soins (SAS) qui se déploie depuis plusieurs années avec les blouses blanches. Si le corps médical ne nie pas les difficultés rencontrées par les patients, il est également victime de la dégradation de la situation – manque de temps, impossibilité de prendre de nouveaux malades, voire incivilités et violences. Les discussions autour du PLFSS 2026 – porté par la Dr Stéphanie Rist, cette fois – n’auront pas permis d’apaiser le débat, bien que les mesures les plus inquiétantes aient été abandonnées. La profession mobilisée à plusieurs reprises cette année prépare déjà la riposte pour le mois de janvier…
Sur le plan médical, la santé mentale s’est fait une place dans le débat, en tant que grande cause nationale, accompagnée d’un plan gouvernemental. La psychiatrie pâtit pourtant toujours d’un manque de moyens. La cancérologie a, elle, connu des avancées, avec notamment un cadre pilote pour le dépistage du cancer du poumon. Dans l’obésité, les aGLP-1 confirment leur potentiel tandis que la multiplication d’études suggère des bénéfices dans d’autres pathologies. Autant de signaux positifs qui peinent à faire contrepoids pour les soignants et les patients.
Débat
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C’est vous qui le dites
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Éditorial
À côté de la plaque ?