À quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, les chiffres publiés cette semaine ne sont guère rassurants. « Entre 2014 et 2023, le nombre de découvertes de séropositivité VIH chez les jeunes (15-25 ans) a augmenté de 41 % », alors qu’il a diminué de 15 % chez les adultes (25-49 ans), indique Santé publique France (SPF) dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire dédié au dépistage, à la prévention et au traitement du VIH et des infections sexuellement transmissibles. Sans oublier les chiffres sur les IST, qui témoignent également d’augmentations chez les jeunes – jusqu’à près de 600 % (gonococcie chez les hommes).
Par ailleurs, pour le VIH, les jeunes hommes français (18- 21 ans) ayant des relations homosexuelles (HSH) ont un rapport à la prévention plus limité que leurs aînés. Si l’usage du préservatif est plus fréquent (34 % vs 29 %), ils ont beaucoup moins recours à la prophylaxie pré-exposition (Prep) et davantage de comportements à risque, selon SPF, qui y voit « à la fois un effet d’âge et des déterminants sociaux, identitaires et territoriaux complexes ».
Près de la moitié des jeunes HSH disent ne pas évoquer la prévention avec leur médecin
Fait rassurant : quelle que soit l’infection, quel que soit le sexe, chez les jeunes comme chez les adultes, les taux de personnes testées progressent. Les 15-25 ans se sont donc emparés des outils de dépistage sur la période étudiée (2014-2023). Et de nouvelles mesures sont venues accompagner cette tendance ces derniers mois. Après le dispositif VIH Test lancé en 2022, Mon test IST a vu le jour en septembre 2024 pour un dépistage du VIH et de quatre autres IST (hépatite B, syphilis, gonorrhée, chlamydiose), sans ordonnance et sans rendez-vous. Et pour les moins de 26 ans, l’ensemble des tests est gratuit depuis le début de cette année.
L’agence insiste par ailleurs sur la nécessité de « réaffirmer des stratégies de prévention adaptées aux spécificités d’une génération qui grandit dans un contexte de renouvellement des outils et des normes en santé sexuelle ». Et dont l’accès et la relation au corps médical diffèrent probablement, alors que près de la moitié des jeunes HSH dit ne pas évoquer la prévention de l’infection au VIH avec son médecin. Si l’arsenal pour améliorer le dépistage et la prévention s’est musclé ces dernières années, cette nouvelle Journée mondiale de lutte contre le sida est peut-être l’occasion d’aller encore un peu plus loin pour renforcer la prévention.
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