Début février, une première opération de mastectomie prophylactique mini-invasive bilatérale a eu lieu au centre de lutte contre le cancer de Lyon, qui emboîte le pas à d’autres établissements tels que le CHU de Montpellier et plusieurs centres privés. Le centre Léon Bérard devient l’un des rares endroits en France à proposer cette technique, en prophylaxie ou en thérapeutique, aux femmes à risque de cancer du sein ou déjà porteuses d’une tumeur. La Dr Délia Dammacco, qui a réalisé cette première opération lyonnaise, explique au Quotidien que cette « technique respecte mieux l’anatomie et permet de conserver la peau et le mamelon, avec une cicatrice déportée, à distance du sein. »
Les avantages de la mastectomie mini-invasive sont multiples : une cicatrice courte (3 à 4 cm au lieu de 7 à 8 cm pour une chirurgie classique) et dissimulée sous le bras ou au niveau de l’aisselle, une hospitalisation de courte durée et une réhabilitation rapide.
Selon une revue de la littérature publiée en juin 2025 dans le British Journal of Surgery Open, il n’y a pas de différence significative entre la chirurgie mini-invasive préservant la plaque aréolo-mamelonnaire, et la chirurgie ouverte en matière de risque de rechute locale ou à distance (après un suivi moyen de cinquante-deux mois). En revanche, la satisfaction cosmétique était significativement augmentée chez les patientes opérées via une technique micro-invasive : 88 % de femmes se déclaraient satisfaites du résultat. Le risque de nécrose postopératoire était également diminué de 81 %. Quelques études semblent aussi montrer une meilleure préservation de la sensibilité. Mais cette technique a aussi ses inconvénients : plus longue de 43 minutes environ selon l’étude du BJS Open, elle est également plus coûteuse. « La durée varie d’une femme à l’autre et d’un chirurgien à l’autre, nuance la Dr Dammacco, mais il est vrai que toutes choses égales par ailleurs, l’opération est plus longue. »
Des petits seins, peu tombants
Une opération de mastectomie mini-invasive peut se faire de deux manières : à l’aide d’un robot chirurgical, ou via une cœlioscopie, et c’est cette dernière option qui a été retenue au centre Léon Bérard. Toutes les femmes ne sont pas éligibles, comme le détaille Délia Dammacco : « nous sélectionnons les femmes avec des seins de petite taille : bonnet A, B ou un petit C », précise-t-elle. Il faut aussi que les seins soient non ptosés ou pseudo ptosés, c’est-à-dire avec une aréole au-dessus du sillon mammaire. « Une peau fine est aussi une bonne indication, car elles sont plus à risque de se déchirer lors d’une intervention classique », ajoute la Dr Dammacco.
Les opérations mammaires par cœlioscopie existent depuis les années 1990 et sont déjà fréquentes en Chine, en Corée du Sud ou aux États-Unis, mais en France cela ne fait que quelques années que l’on « redécouvre » cette technique avec l’arrivée d’outils plus petits. Qu’elle soit prophylactique ou thérapeutique, la mastectomie mini-invasive s’accompagne toujours d’une reconstruction par prothèse. « Il n’est pas possible de procéder à une reconstruction mammaire autologue car il faut une cicatrice plus importante, explique la Dr Dammacco. Il se développe en ce moment des techniques de reconstruction autologue passant par de petites incisions, mais c’est encore en cours d’étude. »
Dr Vincent Pradeau (Avenir Spé) : « Les spécialistes libéraux sont mobilisés et remontés comme jamais ! »
Savoir évoquer une dermatose neutrophilique
Un Pots encore mal connu
Marfan et enceinte