Y a-t-il un lien entre les quelques tableaux inédits de vascularites infantiles observés depuis quelques semaines dans certains pays d’Europe et le SARS-Cov-2 ? S’il est encore trop tôt pour répondre, le signal semble pris très au sérieux y compris au plus haut niveau, comme l’a expliqué le ministre de la Santé ce mercredi sur France info.
L’alerte a d’abord été lancée Outre-Manche où les autorités sanitaires ont fait état d’une augmentation du nombre de cas de maladie de Kawasaki-like pouvant se compliquer de myocardites avec défaillance cardiaque. Des cas similaires ont ensuite été rapportés en Italie, en Espagne, en Suisse, ainsi qu'en France.
Une quinzaine de cas à Paris
« C'est une alerte que j'ai reçue de la part d'équipes parisiennes », a expliqué Olivier Véran, faisant état à Paris d'« une quinzaine d'enfants de tous âges ». Ces patients « présentent un tableau fébrile, inflammatoire, des douleurs abdominales avec quelques éléments cliniques de maladie de Kawasaki », dont la fréquence est variable détaille la société francophone dédiée à l'étude des maladies inflammatoires pédiatriques (Sofremip) .
« Ce sont des enfants qui ont entre 2 et 10 ans, qui n'ont pas d'antécédent notable, et pas de maladie chronique », précise par ailleurs le Pr Isabelle Kone Paut, spécialiste de rhumatologie pédiatrique à l'hôpital Kremlin-Bicêtre à Paris.
Des cas testés Covid +
Une infection par le Sars-Cov-2 a été documentée chez environ 30 à 50 % d’entre eux, selon la Sofremip. Si le lien entre les deux évènements n’est pas établi pour le moment, il est clairement suspecté par certains experts britanniques. « Il s'agit d'une maladie très rare, mais je pense qu'il est tout à fait plausible que cela soit dû à ce virus, du moins dans certains cas » a ainsi déclaré lundi le chef des services sanitaires du Royaume-Uni, Chris Whitty, lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement sur le coronavirus.
« Nous n'avons absolument pas d'explication médicale à ce stade, estime pour sa part Olivier Véran. Est-ce qu'il s'agit d'une réaction inflammatoire qui vient déclencher une maladie préexistante chez des enfants atteints par ce virus ou une autre maladie infectieuse ? Il y a beaucoup de questions ». Afin d’y voir plus clair, Olivier Véran entend « mobiliser la communauté soignante et scientifique en France et à l’international pour avoir le maximum de données possible ».
Alors que jusqu’à présent, les données concernant l’impact du Covid chez les enfants sont plutôt rassurantes avec très peu de formes graves rapportées, le ministre de la Santé a fait part d’une « certaine inquiétude », tout en indiquant qu’« à (sa) connaissance aucun enfant heureusement n'était mort de ces complications ».
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