Malgré quelques signaux positifs, l’évolution de l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus chinois, désormais baptisé COVID 19, reste encore très incertaine a mis en garde mercredi l'OMS.
« Il est aujourd'hui encore beaucoup trop tôt pour tenter de prédire le commencement, le milieu ou la fin de cette épidémie », a déclaré à la presse Michael Ryan, chef du département des urgences sanitaires de l'OMS alors que le président chinois Xi Jinping s’était félicité quelques heures plus tôt de « l'évolution positive » de l'épidémie, le nombre de nouveaux cas diminuant depuis trois jours.
« Cette épidémie peut aller dans n'importe quelle direction », a renchéri le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus tout en soulignant que « le nombre de nouveaux cas rapportés en Chine (s'était) stabilisé durant la dernière semaine », mais que « cela devait être interprété avec une extrême prudence ».
Un nombre de nouveaux cas journaliers record en Chine
Comme pour lui donner raison, la Chine a annoncé ce matin un nombre de nouveaux cas journaliers record avec 15 152 malades et 254 décès supplémentaires en 24 heures. Ces chiffres qui portent à 60 000 et 1 367 morts le bilan de l’épidémie ne sont paradoxalement pas forcément synonymes d'une aggravation. Ils seraient surtout dus à une nouvelle définition, plus large, des cas d'infection par les autorités sanitaires du Hubei. Dorénavant, les malades de la province « diagnostiqués cliniquement » sont aussi comptabilisés alors que jusqu’à présent seuls ceux ayant été testés positivement étaient pris en compte.
En France, le nombre de cas recensés reste stable depuis ce week-end et 2 des 11 patients atteints ont pu sortir « guéris » de l’hôpital a annoncé hier le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la santé. Aucun nouveau cas n’a été détecté y compris parmi les Français rapatriés de Wuhan et les patients du premier avion devraient pouvoir sortir de quarantaine demain.
Pour autant, la France reste particulièrement mobilisée. Dimanche, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, ont annoncé que l’État français avait débloqué 2,5 millions d’euros supplémentaires à sa recherche sur le coronavirus.
Réunion de crise en Europe
Et ce matin la ministre de la santé rencontrait ses homologues européens dans le cadre d’une réunion d’urgence convoquée sur son initiative.
« Nous avons besoin d'aller plus loin, de nous coordonner sur les mesures barrières, l'arrivée des voyageurs, l'analyse épidémiologique des cas, les stocks de protection », a-t-elle déclaré. Estimant que « cette crise » pouvait « s'installer sur plusieurs mois », Agnès Buzyn s'est inquiétée des « impacts » sur la disponibilité des équipements de protection (gants, masques) pour les personnels soignants. « La plupart des fabricants des équipements (de protection) sont situés en Chine et sont eux-mêmes en rupture de stock », a-t-elle souligné, prônant la mise en œuvre d'un achat groupé au niveau européen de ces matériels.
De son côté, la Finlandaise Krista Kiuru a averti que la poursuite de l'épidémie « pourra(it) avoir un impact sur l'approvisionnement en médicaments [...], l'industrie pharmaceutique de l'UE étant fortement dépendante d'importation de substances actives de la Chine ». Une crainte également pointée du doigt en France par l’Académie Nationale de Pharmacie pour qui « l’épidémie de coronavirus (Covid-19), en Chine, pourrait faire peser une grave menace sur la santé publique en France et en Europe, dans la mesure où 80 % des principes actifs pharmaceutiques utilisés en Europe sont fabriqués hors de l’espace économique européen, dont une grande partie en Asie ».
Avec AFP
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