C’est en toute discrétion que le nouveau calendrier vaccinal a été publié dimanche sur le site de la Direction générale de la santé. Peu de nouveautés marquantes dans cette édition 2020, qui officialise surtout des décisions déjà annoncées, avec plusieurs recommandations suspendues à la disponibilité des vaccins.
La mise en oeuvre de la vaccination HPV chez le garçon repoussée à début 2021
Comme annoncé par Agnès Buzyn, la nouvelle feuille de route entérine le principe de la vaccination HPV chez le garçon avec un protocole calqué sur celui des filles (schéma à 2 doses chez tous les garçons de 11 à 14 ans avec un rattrapage possible selon un schéma 3 doses chez les adolescents et les jeunes hommes de 15 à 19 ans).
Cependant, la recommandation « sera applicable au 1er janvier 2021 », précise le calendrier vaccinal, alors que l’ancienne ministre de la Santé s’était pourtant engagée sur une mise en œuvre d’ici l’été. Ce report peut s’expliquer en partie par le retard pris dans les procédures, avec des difficultés exacerbées dans le contexte actuel. Mais ce sont surtout les craintes d’une pénurie de vaccin HPV au niveau mondial qui ont poussé à retarder l’échéance. « De plus en plus d’États mettent en place la vaccination HPV (désormais introduite dans 41 pays) et beaucoup de ceux qui ne vaccinaient initialement que les filles ont étendu la vaccination aux garçons », explique le Pr Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations. Face à cette montée en puissance, l’OMS a alerté récemment sur le « risque de difficultés d’approvisionnement, anticipées à court terme, notamment dans les pays en voie de développement » et demandé aux Etats de limiter pour l’instant la vaccination aux filles.
Un chapitre spécifique sur le rattrapage vaccinal
A noter par ailleurs, que le calendrier vaccinal consacre pour la première fois un chapitre spécifique à la vaccination des personnes au statut vaccinal « inconnu, incomplet ou incomplètement connu ». Dans la lignée du travail produit par la HAS fin janvier, ce chapitre précise la marche à suivre pour évaluer le statut vaccinal et entreprendre un rattrapage si besoin.
Autre nouveauté : Flucelvax tetra® fait son entrée au catalogue des vaccins anti-grippaux. Ce vaccin tétravalent inactivé sur culture cellulaire dispose d’une AMM à partir de l’âge de 9 ans. Selon le nouveau calendrier vaccinal, « il peut être utilisé chez les personnes ayant des antécédents d’allergie de type anaphylactique aux protéines de l’œuf ou aux aminosides ». Cette recommandation « pourra être appliquée dès lors qu’il sera disponible et remboursé ».
Autre nouveau venu : le vaccin BCG AJVaccines qui a pris le relais du BCG SSI depuis juin mais dont « l’accessibilité reste toujours réservée aux collectivités publiques ». A contrario, le vaccin Gardasil classique tire sa révérence et devrait disparaître à la fin de l’année.
Enfin, ce nouveau calendrier entérine la suspension de l’obligation de vaccination contre la fièvre typhoïde des personnes exerçant une activité professionnelle dans un laboratoire de biologie médicale.
« Ce calendrier finalisé le 4 mars 2020 ne prend pas en compte la nouvelle situation épidémiologique en lien avec l’épidémie à COVID-19 en France. Si des adaptations éventuelles de la stratégie vaccinale en lien avec cette épidémie sont identifiées, elles seront communiquées sur le site du ministère de la santé dans la rubrique Covid-19 » , précise la DGS.
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