Obésité : vers des transplantations de tissus adipeux bruns

Publié le 23/09/2016
Adolescents souffrant d'obésité

Adolescents souffrant d'obésité
Crédit photo : BURGER/PHANIE

Quand un tissu adipeux en chasse un autre… Cela peut paraître étrange mais c’est pourtant ce qu’une équipe de l’Inserm cherche à accomplir afin de lutter contre l’obésité. En effet, les chercheurs sont parvenus à produire du tissu adipeux brun à partir de cellules pluripotentes (IPS) humaines. Ils viennent donc de franchir une nouvelle étape vers leur objectif final : greffer ces cellules gourmandes en énergie sur des patients obèses.

Présents en quantité minime chez les adultes, les adipocytes bruns brûlent de l’énergie pour produire de la chaleur. Au contraire, les adipocytes blancs sont chargés eux de la stocker sous forme de graisse. Les scientifiques ont donc eu l’idée originale de transplanter du tissu adipeux brun supplémentaire pour aider les personnes obèses à perdre du poids. Pour cela, l’équipe tente donc de produire ces cellules in vitro. L’intérêt est de parvenir à en obtenir un grand nombre et à volonté. Les cellules IPS (cellules adultes reprogrammées en cellules pluripotentes) sont utilisées à cette fin. Mais si les scientifiques ont réussi à faire en sorte que les IPS se différencient en cellules neuronales ou osseuses, arriver à obtenir des adipocytes semblent plus complexe. « Nous nous sommes heurtés à un frein majeur », explique Christian Dani, responsable des travaux.

Bientôt des essais précliniques sur les animaux

Les chercheurs ont persévéré et ont testé de nombreuses voies de signalisation pour trouver celles qu’il fallait activer et celles qu’ils devaient inhiber afin de différencier les cellules en adipocyte brun. Ils ont fini par en identifier deux qui se sont révélées très importantes. Cette découverte leur a permis de franchir cette nouvelle étape en produisant les fameuses cellules.

À présent, leur but est de « montrer qu’en transplantant ces cellules brunes humaines bien différenciées chez un animal obèse, les paramètres associés à l’obésité s’améliorent et qu’il y existe un intérêt thérapeutique », affirme Christian Dani. Plusieurs essais précliniques sur des modèles animaux vont avoir lieu avant que cette méthode de greffe ne soit mise à l’épreuve sur l’Homme. Les spécialistes savent déjà que cela fonctionne chez la souris car des travaux antérieurs ont démontré que de transplanter du tissu adipeux brun d’un rongeur à un autre en surcharge pondérale fait régresser la maladie. 

Roxane Curtet

Source : lequotidiendumedecin.fr