Grâce à un traitement par cellules souches reprogrammées, une équipe japonaise a réussi à redonner de la mobilité à deux patients paralysés médullo-lésés. Deux autres ont bénéficié « d’améliorations minimes ».
Ces résultats ont été annoncés lors d’une conférence de presse le 21 mars et ont fait l’objet d’un article publié sur le site de Nature. Pour le moment, aucune publication dans un journal relu par les pairs n’a encore été annoncée.
Les cellules reprogrammées ou cellules souches pluripotentes induites (iPS) sont créées en ramenant des cellules adultes à un état embryonnaire, à partir duquel elles peuvent être amenées à se développer en d'autres types de cellules ; dans cet essai les chercheurs ont utilisé les cellules d’un donneur.
Précédemment, des essais utilisant d’autres types de cellules souches en avaient déjà montré la sécurité, sans résultats positifs toutefois. Ils avaient mis en évidence que les iPS sécrètent des substances soutenant la fonction des cellules spinales et aident à reconstruire le site endommagé.
L’hypothèse d’un rétablissement naturel
Les quatre patients de l’essai japonais, tous des hommes adultes paralysés à la suite d’une lésion de la moelle, ont reçu une injection d’environ deux millions de cellules souches reprogrammées en cellules précurseures neurales sur le site de la lésion médullaire, dans l’objectif qu’elles se transforment en neurones et en cellules gliales. Ces injections ont été réalisées entre 2021 et 2023 et, pour chacun des patients, entre deux et quatre semaines après la lésion traumatique de la moelle. Après l’intervention, les patients avaient été mis sous traitement immunosuppresseur.
Parmi les deux patients ayant retrouvé de la mobilité, l’un a pu se remettre debout et s’entraîne désormais à marcher, et l’autre a pu rebouger bras et jambes sans toutefois pouvoir se tenir debout seul. Des examens d’imagerie effectués chez les patients ont confirmé que des iPS avaient survécu après l’intervention, indiquant que les améliorations observées pouvaient bien être dues au traitement. Selon les chercheurs, ces résultats très prometteurs vont dans le bon sens, bien que cet essai ne soit que préliminaire.
Des essais de plus grande envergure seront donc nécessaires pour déterminer si les améliorations observées chez ces deux patients sont bien le résultat du traitement, car il reste possible « que les patients se soient rétablis naturellement », selon le neuroscientifique James St John de l’Université Griffith (Australie) qui commente ces résultats pour Nature. Si l’efficacité se confirme, il sera nécessaire de préciser les types de lésions qui y répondent.
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