C'est la première fois qu'une étude s'intéresse à la santé mentale des jeunes et futurs médecins français. Presque un quart d'entre eux sont atteints de troubles mentaux qui pourraient les pousser au suicide, selon une enquête de santé mentale publiée le mardi 13 juin*. Au total, sur 21 768 répondants, figurent 4 255 étudiants en premier cycle, 8 7252 étudiants en deuxième cycle et 7 631 étudiants en troisième cycle et 1 157 CCA-AHU-AS. Les résultats de l'étude indiquent également que 66,2 % des répondants souffrent d'anxiété et 27,7 % de dépression. D'autres études ont déjà été réalisées dans le passé mettant en évidence les risques de suicide, deux fois plus important chez les médecins en activité que dans la population générale (Cnom). Selon une autre étude parue en 2016 dans le Jama, 11,1 % des étudiants en médecine souffrent de risque suicidaire, et 27,2 % de dépression.
Prévention et formation des risques psychosociaux
Conséquences, l'étude présente des propositions concrètes pour prévenir les risques psychosociaux. Plusieurs pistes sont suggérées. La première repose sur l'importance de la formation au management dans la formation initiale et continue des médecins, en particulier les jeunes médecins seniors lors de leur prise de fonction. Second point, chaque étudiant en médecine devrait bénéficier d'une sensibilisation sur la question des risques psychosociaux. Une troisième obligation devrait être instaurée, à savoir des temps d'échange réguliers pour les jeunes médecins avec un professionnel qualifié dans la relation médecin-patient. Est cité en exemple l'échange entre professionnels suite au décès d'un patient.
Par ailleurs, l'accent est mis notamment sur le troisième cycle d'études médicales. Y sont demandées la mise en place d'un portfolio national d'accompagnement personnalisé et la formation à la détection et au dépistage de la souffrance au travail des étudiants.
* Etude réalisée à l'initiative de l'Isni, l'ANEMF, ISNAR-IMG, ISNCCA) auprès des externes, internes, chefs de clinique-assistants (CCA), assistants hospitalo-universitaires (AHU et assistants spécialistes (AS).
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