Alors que la contestation perd du terrain, l’accord signé le 27 octobre 2015 sur le temps de travail à l’AP-HP entre en partie en application dès le 1er avril. Le mardi 29 mars, à la suite de l’appel d’une intersyndicale, une nouvelle journée de grève a été lancée, avec un succès très mitigé, soit 1,18 % de participation à la mi-journée. L’AP-HP n’a pas été en mesure de communiquer les chiffres à la fin de journée. La réforme qui vise 75 000 agents de l’AP-HP consiste en une modification du temps de travail et la suppression de plusieurs jours de RTT. Le mouvement social coïncide avec l’examen par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de deux rapports très critiques commandés il y a cinq mois par les syndicats, auprès d’Emergences et de Secafi. L’audit a mis en exergue une désorganisation des services liée à un absentéisme préoccupant et une surcharge de travail. Le CHSCT a voté contre la réforme par huit voix contre une, celle de la CFDT qui avait signé seule le protocole d’accord proposé par la direction.
Selon ce dernier, « les représentants du personnel craignent que la baisse des jours de repos compensateur n’entraîne une recrudescence des arrêts maladie et doutent de la réalité des économies attendues ». Ils pensent que cette réforme est réalisée au détriment du travail sur la qualité du service rendu aux patients. Selon les syndicats, les actions engagées par la direction de l’AP-HP ne se sont orientées que vers une recherche d’économies de moyens, créant un sentiment de « qualité empêchée ».
Quant à la direction de l’institution parisienne hospitalière, elle juge la réforme nécessaire en raison des économies attendues entre 2016 et 2019, de l’ordre de 48,4 millions d’euros. En outre, 41,1 millions de gains sont escomptés en termes de remplacement (intérim, remplacement, heures supplémentaires). « Ces études disent que nous sommes bénéficiaires, mais l’AP-HP est toujours déficitaire en exploitation », répond Martin Hirsch, pour qui seules « les marges de manœuvre dégagées par la réforme permettront d’éviter de supprimer des emplois ». 4000 postes seraient préservés selon le DG de l’AP-HP.
Cette nouvelle organisation est potentiellement déstabilisante. C’est pourquoi la direction, après avoir lu les expertises, a adressé aux membres du CHSCT et du comité d’entreprise une liste de mesures sur lesquelles elle est « prête à s’engager ». Elles portent sur la stabilité des plannings qui fera l’objet d’enquêtes de satisfaction. L’absentéisme bénéficiera aussi d’un suivi particulier avec la mise en place de badgeuses et du télétravail. La restructuration devrait également atteindre les services surdotés qui fourniront du personnel aux services sous-dotés.
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