Pourquoi ce front commun des organisations syndicales de médecins et de directeurs hospitaliers pour retirer ce projet de décret ?
Le problème central est l'absence de dialogue social et la remise en cause de la gestion des carrières des PH et des DH. Cette position commune de l'ensemble des organisations syndicales des PH et des DH est une première. Avec ce projet de décret, le principe de la gestion nationale de nos parcours et de nos carrières est aujourd'hui réinterrogé sans aucune concertation par les pouvoirs publics. Nous sommes sur un casus belli. Or il s'agit d'évolutions extrêmement importantes auxquelles nous ne souscrivons pas. Et la moindre des choses serait qu'il y ait un espace de dialogue. On ne peut pas avoir l'ambition de résoudre les problèmes de l'hôpital public et avoir une attitude de mépris (et je pèse mes mots !) pour les organisations syndicales. C'est une logique totalement verticale qui sur ce sujet comme sur les autres s'impose aux PH et aux DH. C'est une drôle de manière de dire que l'on veut refonder l'hôpital public et réaffirmer son écoute par rapport aux professionnels de terrain.
Dans son édition du 5 février, le journal Libération souligne la "brutalité administrative" de certains directeurs en réaction aux démissions des chefs de service, et cite l'exemple du directeur de l'AP-HP de Paris-Saclay qui a envoyé une lettre jugée "glaçante" par les médecins. Qu'en pensez-vous ?
Nous refusons d'opposer les catégories professionnelles les unes par rapport aux autres. Car notre rôle de directeurs d'établissement est de rassembler, même lorsque le contexte est défavorable et quand la tentation peut aller à la division. Sur l'exemple cité par Libération, il faut se garder de faire une généralité à partir d'un cas particulier. Nous entendons le message délivré par les chefs de service démissionnaires. Ce message correspond à un diagnostic partagé par nous, celui d'un système de santé qui a besoin d'avoir des réponses à ses difficultés. Que les directeurs soient le bouc émissaire, nous en prenons acte. Dans la majorité des situations au sein des établissements, les directeurs, les médecins et les soignants se parlent et essaient de régler les problèmes quotidiens. Ce que j'entends dans leurs revendications, c'est que les médecins interrogent plutôt le système de santé que leurs directeurs. Ce que j'entends plutôt, c'est le vrai malaise dans le management hospitalier que nous dénonçons depuis des années. Et force est de constater que les chefs de service, de pôles, les cadres de santé ou les directeurs n'ont pas été beaucoup écoutés sur ces sujets-là ces dix dernières années. Aujourd'hui, nous nous retrouvons dos au mur. Question, les pouvoirs publics sont-ils capables d'apporter des réponses en termes de simplification administrative de l'hôpital, de responsabilisation des acteurs, de financement du système de santé ? Ce qui ne signifie pas forcément plus d'argent, mais des priorités dans l'allocation de ressources entre les établissements et au sein de la politique de santé. Je regrette qu'on attende une situation de crise avec la démission des chefs de service, avec le désarroi exprimé par les cadres de l'hôpital et les cadres de santé. C'est la première fois dans son histoire que notre organisation (le SMPS) a appelé à la grève au mois de décembre dernier. Ces signaux qui ne sont plus faibles doivent être entendus par les pouvoirs publics.
Quid de la demande des médecins de partager les décisions au sein de leur établissement ?
Je n'ai aucun problème avec cette requête. À chaque fois, les pouvoirs publics nous ressortent la question de la gouvernance à l'hôpital. J'appelle cela un écran de fumée. Que les médecins, les soignants et les usagers soient davantage associés aux décisions, nous y sommes tout à fait favorables et l'avons proposé à de multiples reprises. Toutefois, il est nécessaire d'être clairs dans la responsabilité de chacun. Car on ne peut être décisionnaire sans assumer les décisions qui seraient proposées par certains. Sur ce point précis, nous ne sommes pas d'accord.
D'après l'AFP, les démissions se concentrent surtout en région parisienne et dans les grandes villes (Caen, Rennes, Marseille)…
C'est l'illustration que les démissions ont lieu surtout dans les établissements de grande taille où il y a un enjeu très important à avoir une ligne de management qui soit bien structurée et cohérente avec les chefs de services et de pôle ainsi que les cadres de santé et les directeurs. Mais aujourd'hui, les conditions ne sont plus réunies pour que toutes les catégories travaillant à l'hôpital puissent faire leur travail, y compris celui du management.
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