Quel est le moral des directeurs d’hôpitaux en cette rentrée ?
On a assisté à un directeur bashing dans la presse au cours des dernières années. Or, l'hôpital fonctionne grâce une chaîne de soins dont les directeurs en sont un des maillons. On ne devient pas par hasard directeur d'hôpital. C'est parce que l'on partage, que l’on porte des valeurs, celles attachées aux soins des patients, celles de l’hôpital public. Car la prise en charge de nos concitoyens est notre but commun.
Cette attitude si critique pendant de longs mois à l'égard des directeurs a généré de l’incompréhension. Or la crise sanitaire du printemps dernier a illustré l'importance cruciale de cette chaîne de soins. Tout le monde est sorti éprouvé de cette première vague, très anxiogène. Cela a été un engagement extrêmement fort. Lorsque l'on dirige un établissement, la question de responsabilité est multiple, à savoir, juridique, financière, pénale. La prise de décision met en jeu cette responsabilité. La décision ne se prend jamais seul, dans un bureau, de manière autocratique et descendante mais au contraire en concertation. Tous les acteurs hospitaliers travaillent ensemble. Mais celui qui prend la décision en est le responsable. J'ai entendu certains dire que pendant la crise les médecins avaient dirigé les hôpitaux. Les directeurs n’ont pas cessé de diriger durant cette période. Ce qui est certain, c’est que pendant la crise, des verrous se sont débloqués rapidement et que cela nous a permis de mettre en œuvre les actions décidées ensemble. Il convient d’arrêter ces oppositions délétères, que les acteurs eux-mêmes rejettent.
L'hôpital mérite beaucoup mieux que cette opposition entre différents métiers. L’ADH soutient fortement cette volonté de co-construction. Nous avons apporté notre pierre au rapport Claris, très équilibré sur la gouvernance partagée. Nous sommes convaincus d’une gouvernance au plus proche du terrain. Dans ce cadre le renforcement de la place du service est un axe très structurant.
Nous avons par ailleurs souligné les accords du Ségur de la santé qui valorise l'hôpital qui actent un certain nombre de mesures que l’ADH avait défendues. Toutes ces années de directeur bashing se sont déroulées dans un contexte d'austérité budgétaire. L'ADH à plusieurs reprises avait appelé à la fin du rabot budgétaire. Il convient d’autre part de travailler sur l'attractivité de l'hôpital ou bien encore la construction de parcours de soins au niveau territorial,
Les directeurs n'ont-ils pas été oubliés dans le Ségur de la santé ?
Nous avons des outils pour accomplir nos missions avec ce qui a été acté dans les accords. L’attractivité est un enjeu majeur. Il nous faut pouvoir recruter des médecins, des soignants à l'hôpital. Nous souhaitons substituer des équipes médicales et paramédicale stables à l'interim. Cela concourt à la force de l'hôpital public.
Le management hospitalier doit reposer sur le dialogue et des projets co-construits, comme l’a souligné le rapport du Pr Claris. En sortant d'une politique d'austérité, nous avions eu des premières mesures fortes avec le plan urgence ou avec les premiers soutiens à l’investissement, on peut agir plus vite et redonner un élan hospitalier. Il est d’autre part important de faire sauter ou desserrer plusieurs verrous, comme les contraintes pesant sur les marchés publics, les autorisations… Autant de domaines où l'ADH a appelé à la simplification administrative afin de faciliter la conduite de projets. La crise sanitaire a illustré la nécessité de fluidité et d’efficacité opérationnelle.
Que faudrait-il changer dans la relation entre les hôpitaux et les ARS ?
Un questionnaire a été adressé à nos adhérents au moment du Ségur de la santé. La légitimité des ARS a été reconnue par nos collègues. Une des pistes aujourd’hui envisagée est de donner plus de poids à l'échelon départemental des ARS. Pour renforcer l’efficacité opérationnelle, en lien notamment avec la construction territoriale de l’offre de soins.
* Association des directeurs d'hôpitaux
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