Ludivine Chambet, 34 ans, est condamnée à 25 ans de réclusion criminelle pour la série d’empoisonnements qui avaient entraîné la mort de dix personnes âgées dans une maison de retraite entre septembre 2012 et novembre 2013. L’aide-soignante avait administré un cocktail de neuroleptiques et d’antidépresseurs à 13 pensionnaires de l’EHPAD où elle travaillait, près de Chambéry. Elle a reconnu onze de ces empoisonnements. Son procès s’était ouvert mardi 9 mai. Elle encourait la perpétuité, et a vu reconnue l'altération de son discernement au moment des faits.
L’avocat général de la Cour d’assises de Savoie avait requis 30 ans de réclusion contre l’aide-soignante, assurant que « Ludivine Chambet est une tueuse qui agit avec détermination mais pour des motifs obscurs » et regrettant « qu’elle reste désespérément muette ». Il a aussi demandé « un suivi sociojudiciaire d’au moins dix ans, avec une injonction de soins » et a retenu l’altération de discernement de l’accusée au moment des faits, se rangeant derrière l’avis des experts psychiatres entendus les jours précédents.
« Soulager » ou « tuer »
Les avocats de l’aide-soignante, de leur côté, avaient rappelé sa douleur à la mort de sa mère, atteinte d’une leucémie aiguë ; et sa vie rendue difficile par un syndrome de Beckwith-Wiedemann, et une dépression depuis ses 18 ans. L’aide-soignante, lors de son procès, a demandé « pardon » pour ses actes, se déclarant « coupable de crimes », mais elle a toujours parlé de son intention de « soulager » les victimes. Pour l’enquêteur, cependant, « la volonté profonde de Ludivine Chambet n’était pas d’apaiser mais de tuer ». Une affirmation appuyée par les recherches Internet de la jeune femme sur la façon de « faire mourir un homme », entre autres.
Les victimes, âgées de 76 à 96 ans, n’avaient jamais demandé à voir abréger leur vie, et n’étaient pas en fin de vie, selon leurs proches. Ceux-ci avaient raconté pendant le procès les « atroces souffrances » de leurs proches, ainsi que, souvent, leur culpabilité de les avoir laissés dans une maison de retraite.
Dr Joëlle Belaïsch-Allart : « S’il faut respecter le non-désir d’enfant, le renoncement à la parentalité doit interpeller »
Visite médicale d’aptitude à la conduite : le permis à vie de nouveau sur la sellette
Le dispositif Mon soutien psy peine à convaincre, la Cnam relance l’offensive com’
Ouverture du procès d’un ancien psychiatre de l’AP-HM jugé pour viols et agressions sexuelles sur quatre patientes