« MONSIEUR le Président, je vous en supplie, prenez soin d’Eddy comme si c’était votre fils », a écrit Michèle de Somer, décédée vendredi, à l’âge de 57 ans, d’un cancer des poumons au CHU de Rouen. Dans ce courrier transmis par l’avocat de la famille, elle demande à Nicolas Sarkozy de veiller à ce que son fils, 33 ans et tétraplégique, puisse trouver une place dans un établissement spécialisé. Plus largement, elle souhaite que le débat sur l’euthanasie soit relancé. Le chef de l’État, qui a reçu le courrier, a saisi le préfet de Seine-Maritime pour qu’il prenne en charge le dossier.
Cette mère avait abandonné ses activités en 2001 pour s’occuper de ce fils devenu tétraplégique à la suite d’un accident de cyclomoteur. Engagée en faveur de l’euthanasie, elle avait sollicité son avocat, ces derniers mois, pour savoir ce qu’elle encourait si elle commettait un acte d’euthanasie active. « Mais elle est tombée malade, est devenue trop faible et n’est pas passée à l’acte », indique Me Fabien Pichiottino. « Je crois que son ultime désir était de pouvoir partir avec son fils. Malheureusement, personne ne l’a écoutée », a commenté Marie Humbert, qui a bénéficié d’un non-lieu après avoir aidé, en 2003, avec le Dr Frédéric Chaussoy, son fils Vincent à mourir.
En janvier, les sénateurs avaient renoncé à adopter une proposition de loi visant à instaurer « une assistance médicalisée pour mourir ». Ce texte prévoyait la possibilité, pour « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable » puisse demander à bénéficier « d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ». François Fillon avait alors promis la tenue d’un débat, qui n’a toujours pas eu lieu, sur la prise en charge de la fin de vie. Pour Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit à mourir (ADMD), la question de l’euthanasie « sera au cœur de la campagne » des présidentielles et des législatives de 2012.
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