1945 : un nouvel ordre mondial s’instaure. Dans le petit univers de la médecine française aussi, les choses bougent. La création de l’Assurance-maladie, avec notamment l’instauration d’un tarif opposable par l’ordonnance du 3 mars 1945, ne se passe pas sans remous.
Chez les praticiens, en effet, la protestation est presque unanime, car le tarif opposable est incompatible avec le principe de l’entente directe entre le patient et le médecin sur les honoraires. « Accepter le principe des honoraires opposables, c’est détruire de fond en comble le caractère libéral auquel dans un pays redevenu libre nous restons fermement attachés », écrit en juillet le Dr Paul Cibrié, secrétaire général de la CSMF, dans « le Médecin de France »*.
Le modèle allemand
Face à une telle menace, certains n’hésitent pas à agiter le chiffon rouge, évident à cette date, de la médecine de caisse à l’allemande. C’est le cas du médecin et écrivain Flavien Bonnet-Roy, qui fustige en décembre dans « le Monde » un régime « qui s’est montré si avilissant pour le corps médical qu’il s’est institué, en Allemagne, en marge des assurances sociales, un marché noir de la médecine ».
Dans un premier temps, les médecins ont gain de cause et parviennent à faire accepter l’idée de dépassements d’honoraires très larges et très peu contrôlés. Mais l’histoire avance contre eux. 1945 marque le début d’un processus qui aboutira à la fin de l’entente directe en tant que dogme, avec en 1960 à l’acceptation du principe de la convention individuelle, puis en 1971 avec l’adoption d’une convention nationale.
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