Rétro : sur le sentier de la guerre

1976 : grève, hausse d’honoraires unilatérale et déconventionnement

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Publié le 14/08/2015

Crédit photo : INA

32 francs (4,9 €) au lieu de 30 (4,6 €) pour une consultation chez le généraliste. Telles étaient les revendications de la CSMF en 1976. Inflation oblige, ces montants ont de quoi faire sourire aujourd’hui. Mais il s’agissait au contraire d’une affaire très sérieuse à l’époque.

« On ne tient pas compte des frais généraux que représente maintenant la gestion d’un cabinet médical, le médecin du XXe siècle n’est plus le médecin du XIXe siècle avec son petit stéthoscope », plaide alors sur TF1 le Dr Jacques Monnier, qui préside le syndicat (voir l'archive vidéo).

Mais le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille : « Comment voulez-vous qu’au moment où nous demandons à l’ensemble du pays de faire preuve de discipline, nous puissions céder à un chantage quelconque ? », lui rétorquait sur Antenne 2 Christian Beullac, le ministre du Travail du gouvernement Barre.

Désaccord syndical

Résultat de cet affrontement : plusieurs centaines de médecins ayant appliqué les tarifs syndicaux en lieu et place des tarifs conventionnels sont menacés de sanctions. La CSMF organise donc une grande journée de protestation le 22 décembre (voir le journal télévisé de l'époque). Mais le monde syndical n’est pas homogène : à la FMF (organisation signataire de la convention), on qualifie dans des propos rapportés par « le Monde » la manifestation de « dangereuse, mais aussi stupide et déshonorante ».

Le dénouement de l’affaire fut heureux : en 1977, les tarifs sont relevés. Mais la morale est ailleurs. Car des économies budgétaires, des hausses d’honoraires unilatérales, des bisbilles entre syndicats, ça ne vous dit rien ? L’histoire pourrait s’être passée en 2015.


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Source : lequotidiendumedecin.fr