5 juin 1980. Les médecins sont dans la rue. En cause, la nouvelle convention médicale, qui vient d’être signée par la FMF, et que la CSMF refuse. Il y a deux raisons à la colère des praticiens : tout d’abord l’instauration (déjà !) d’une enveloppe globale, qui vise à limiter les dépenses de l’assurance maladie. Mais surtout, et de manière plus surprenante, les médecins défilent contre... l’instauration du secteur 2.
Si le 5 juin 1980 est resté dans la mémoire de beaucoup de praticiens, ce n’est pourtant pas en raison de cette revendication étonnante pour l’observateur de 2015. C’est parce que les événements ont mal tourné. En fin de manifestation en effet, une partie des protestataires prend la direction du pont Alexandre III. Les forces de l’ordre, qui surveillaient jusqu’ici le défilé de manière débonnaire, ne sont pas disposées à le laisser entrer dans le quartier de l’Elysée. Un coup de matraque s’abat, puis deux, puis plusieurs.
Évènement fondateur
« Les médecins n’ont pas été massacrés », tempère aujourd’hui le Dr Richard Bouton, qui n’avait pas encore fondé MG France et qui manifestait ce jour-là. La journée fait tout de même figure d’événement fondateur. « Quand j’ai commencé à m’intéresser au secteur, au début des années 1980, les médecins ne parlaient que de cela », se souvient Didier Tabuteau, qui préside la chaire santé de Sciences-Po.
[]Le Dr Michel Chassang confirme. Trop jeune pour avoir pris part aux événements, l’ancien président de la CSMF s’en indigne encore : « Cela fait partie de la mémoire collective, ce sont nos ancêtres qui se sont fait matraquer. »
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