LES ADOLESCENTS sont en général mal vaccinés. « Leur couverture vaccinale est catastrophique », déclare le Dr Isabelle Hau (CHI Créteil).
« D’après les données les plus récentes, deux tiers des adolescents seraient à jour dans leur vaccination contre la rougeole. La moitié d’entre eux a eu un rappel de coqueluche à 11-13 ans ; 40 % sont protégés contre l’hépatite B et moins de 10 % des adolescents sont vaccinés contre le méningocoque C. »
Il est difficile de poursuivre les vaccinations à l’adolescence car l’adolescent consulte 2 fois par an en moyenne, même si ce ne sont pas des consultations programmées comme chez les enfants… « Quelle que soit la raison pour laquelle le médecin voit l’adolescent (demande de certificat, dispenses de sport, contraception), il faut en profiter pour l’interroger et rattraper les vaccinations manquantes », poursuit le Dr Isabelle Hau. L’absence de vaccination peut faire courir un risque non seulement à l’individu non vacciné, mais aussi mettre en péril la collectivité en augmentant le risque d’épidémie dans les populations vulnérables, comme c’est le cas pour la coqueluche chez les nourrissons.
Lorsqu’un retard est intervenu dans la réalisation du calendrier de vaccination indiqué, il n’est pas nécessaire de recommencer tout le programme des vaccinations ce qui imposerait des injections répétées. Il suffit de reprendre ce programme au stade où il a été interrompu et de compléter la vaccination en tenant compte du nombre de doses manquantes et de l’âge.
En ce qui concerne la vaccination contre la rougeole, oreillons et rubéole, toutes les personnes nées après 1980 doivent avoir reçu deux doses de vaccin ROR à au moins 1 mois d’intervalle.
Compte tenu de la persistance d’une incidence élevée de cas de coqueluche observés chez de très jeunes nourrissons contaminés par des adolescents ou de jeunes adultes, un rappel est recommandé entre l’âge de 11 et 13 ans et doit être pratiqué en même temps que le troisième rappel diphtérie, tétanos et poliomyélite (DTcaPolio). Pour les enfants qui ont échappé à ce rappel, un rattrapage doit être pratiqué (dTcaPolio) à l’âge de 16-18 ans.
Vaccination anti-HPV : deux vaccins au choix.
La vaccination contre les infections à papillomavirus humains est recommandée pour toutes les jeunes filles âgées de 14 ans, afin de les immuniser avant qu’elles ne soient exposées au risque d’infection à HPV.
« En France, cette vaccination est assez bien acceptée, environ 70 % des jeunes filles de 16 ans ont reçu au moins une dose de vaccin », souligne le Dr Isabelle Hau.
Elles peuvent être vaccinées au choix par le vaccin quadrivalent (6, 11, 16, 18) Gardasil ou par le vaccin bivalent (16, 18) Cervarix. Le schéma vaccinal est de trois doses administrées pour le vaccin quadrivalent à 0, 2 et 6 mois et pour le vaccin bivalent à 0, 1 et 6 mois. Une mesure de rattrapage est prévue et le vaccin est également proposé aux jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n’auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard dans l’année suivant le début de leur vie sexuelle.
La vaccination contre les infections à papillomavirus ne se substitue pas au dépistage des lésions pré-cancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus par le frottis cervico-utérin, y compris chez les femmes vaccinées, mais vient renforcer les mesures de prévention.
Hépatite B : un schéma simplifié à deux doses.
Tout enfant ou adolescent âgé de moins de 16 ans, non antérieurement vacciné devrait se voir proposer la vaccination contre l’hépatite B à l’occasion d’une consultation médicale ou de prévention. Un schéma simplifié à 2 injections avec l’un des 2 vaccins ayant l’AMM pour cette indication (Engerix B 20 µg ou Genhevac B 20 µg) en respectant bien un intervalle de 6 mois entre les 2 doses peut être utilisé.
Enfin, la vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C est recommandée chez des adolescents et des jeunes adultes jusqu’à 24 ans révolus (1 dose) en attendant l’impact optimal de la vaccination systématique des nourrissons âgés de 12 à 24 mois par la création d’une immunité de groupe.
Conflits d’intérêt : membre d’avancées vaccinales (groupe de recherche clinique en vaccinologie dont les réunions et les études sont financées par Sanofi Pasteur MSD).
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