Le candidat vaccin à ARN messager (ARNm) mis au point par la société allemande CureVac n'aurait une efficacité que de 47 %, selon une analyse intermédiaire de l'essai clinique communiquée par le laboratoire. C'est un sérieux revers pour ce vaccin qui avait bénéficié d'une précommande de la part de l'Union européenne, à hauteur de 405 millions de doses. Ces résultats « ne remplissent pas les critères statistiques de succès pré-spécifiés », a indiqué le laboratoire.
Les quelque 40 000 volontaires recrutés en Europe et en Amérique latine ont été suivis pendant six mois. Les auteurs ont intégré dans leur évaluation 134 cas de patients ayant contracté le Covid. Quatre-vingts autres cas supplémentaires doivent encore être analysés, pour des résultats complets attendus dans deux à trois semaines.
Sur 124 cas séquencés, un seul relevait de la souche originale du SRAS-CoV-2, tandis que 57 % ont été rapportés à des variants considérés comme préoccupants par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
L'avenir du vaccin s'assombrit
« L'efficacité finale pourrait encore changer », prévient le P-DG du laboratoire, Franz-Werner Haas, qui met en cause notamment les difficultés posées par l'apparition des variants du nouveau coronavirus. « Nous avions espéré des résultats plus solides dans l'analyse intermédiaire, mais nous avons constaté qu'il est difficile d'obtenir une efficacité élevée avec cette gamme de variants sans précédent », ajoute-t-il.
Dans son premier planning prévisionnel, CureVac espérait mettre son vaccin sur le marché en mai ou juin de cette année. Désormais, plus aucune date n'est communiquée. Toutefois, le P-DG a affirmé vouloir continuer le développement de ce vaccin jusqu'à l'évaluation définitive.
À titre de comparaison, les vaccins à ARNm développés par les laboratoires BioNTech/Pfizer et Moderna, avaient démontré une efficacité d'environ 95 %, alors que l'efficacité des vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson se situe entre 60 et 70 %.
Ces résultats rendent incertain l'utilisation du vaccin en Europe qui suit de près les données intermédiaires. L'effet a par ailleurs été massif sur le cours de l'entreprise, cotée à New York, qui perdait plus de 43 % jeudi sur la plateforme boursière alternative Tradegate. Une mauvaise affaire pour le gouvernement allemand qui possède 23 % des parts du laboratoire.
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