« Nous ouvrons aujourd'hui la vaccination pour les enfants de 5-11 ans. (...) Il suffit de l'accord et de la présence d'un des deux parents », a déclaré ce mercredi 22 décembre Olivier Véran au micro de BFM TV, évoquant les avis favorables des autorités sanitaires et scientifiques. « Les vaccinations peuvent commencer sans délai, dès aujourd'hui, des centres sont prêts. (...) Environ 350 centres en France vont assurer, avec un circuit particulier, la vaccination des enfants. Il y a également les médecins de ville et les pharmacies qui vont pouvoir commencer dès la fin décembre », a-t-il précisé. Le vaccin administré sera celui de Pfizer (avec un tiers de la dose utilisée chez les adultes).
Le ministre de la Santé a rappelé sa volonté d'attendre la publication des données américaines avant d'ouvrir la vaccination à tous les enfants ; la vaccination des enfants les plus à risque ayant par ailleurs démarré le 15 décembre. Plus de 7 millions d'injections ont été réalisées aux États-Unis où la campagne a commencé début novembre. C'est notamment sur ces données que la Haute Autorité de santé a appuyé son avis diffusé le 20 décembre.
Des données américaines rassurantes
Au total, 14 cas de myocardite ont été rapportés, dont 8 avérés. « Il y a beaucoup plus de risque statistique de faire une forme grave de Covid quand on a entre 5 et 11 ans et pas de comorbidités que d'avoir un effet indésirable grave et réversible lié au vaccin », insiste le ministre.
Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV), présidé par le Pr Alain Fischer, a aussi attendu ces résultats avant de publier son nouvel avis, alors qu'il s'était déjà prononcé en faveur de la vaccination de tous les enfants dans un avis du 6 décembre, sous réserve de ces données rassurantes.
Le COSV appelle ainsi à « renforcer l’immunité de cette catégorie d’âge contre le Covid », dans « le contexte actuel de forte circulation virale », où « les enfants scolarisés en école primaire constituent la population parmi laquelle le virus circule le plus, avec une incidence qui a atteint 975 la semaine du 11 au 17 décembre ».
Les médecins appelés à faire preuve de pédagogie
Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), également favorable à la vaccination de tous les enfants, a fortement insisté sur le caractère non obligatoire de cette campagne. « En aucun cas, cette vaccination ne peut être rendue obligatoire. Il ne faut absolument pas qu'il y ait de passe sanitaire dans cette tranche d'âge », avait martelé la Pr Alexandra Benachi, co-rapporteure de l'avis. Même son de cloche du côté de la HAS qui estime que cette vaccination ne doit être « ni obligatoire ni exigible ».
Les différentes instances ont par ailleurs insister sur l'importance de l'acceptabilité de la vaccination par les familles pour espérer un impact positif de la campagne. Toutes ont rappelé le rôle essentiel que doivent jouer les professionnels de santé dans le dialogue avec les familles, et en particulier les pédiatres et les médecins traitants.
Le COSV a ainsi souligné « la nécessité pour les professionnels de santé d’exercer une pédagogie la plus complète possible à l’égard des parents, en leur transmettant des informations transparentes sur les bénéfices et les risques de la vaccination de leurs enfants ».
Et alors que la sixième vague liée à Omicron est imminente, la HAS a rapporté les résultats français : « Les modélisations de Simon Cauchemez (Institut Pasteur, NDLR) montrent que la vaccination n'aura qu'un impact mineur sur la vague actuelle liée au variant Delta, mais qu'elle aura un impact sur la circulation virale lors des vagues ultérieures », a expliqué la Dr Lise Alter de la HAS.
Poursuivre les efforts chez les 12 ans et plus
« La vaccination des enfants doit s'accompagner de façon importante de la poursuite des efforts concernant la vaccination des personnes encore non vaccinées et de l'intensification de la campagne de dose de rappel », avait par ailleurs souligné la Dr Alter.
En date du 19 décembre, 78 % de la population totale a reçu au moins une injection et 76 % un schéma vaccinal complet. Et 19,2 millions de rappels ont été réalisés.
Concernant cette campagne de rappel, le ministre de la Santé a indiqué qu'il n'était pas question, à l'heure actuelle, de l'élargir aux adolescents. La HAS a fait savoir qu'elle se pencherait sur la question prochainement.
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