Marisol Touraine remplace Mireille Le Corre

Le PS (re)trouve une voix sur la Santé et la Sécu

Publié le 23/04/2009
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La députée d'Indre-et-Loire Marisol Touraine, jusque-là secrétaire nationale du PS à la sécurité, a été nommée secrétaire nationale à la santé et à la Sécurité sociale en remplacement de Mireille Le Corre.

Proche du porte-parole du PS Benoît Hamon, Mireille Le Corre avait démissionné le 12 mars dernier de son poste de secrétaire nationale à la santé, à la suite de désaccords sur les listes PS aux élections européennes. Il aura donc fallu plusieurs semaines pour la remplacer dans l’organigramme de direction autour de Martine Aubry dans une période où les questions de santé occupent pourtant le devant de la scène avec la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST).

Ancienne rocardienne, puis dans la mouvance de Dominique Strauss-Kahn, Marisol Touraine, 50 ans, avait soutenu la motion Delanoë au Congrès de Reims. Elle connaît bien, et depuis longtemps, les questions de santé et de Sécurité sociale puisqu’elle a notamment été secrétaire nationale à la Solidarité et à la protection sociale et coordinatrice du groupe PS à l’Assemblée nationale sur le budget de la Sécu. Normalienne, agrégée de sciences économiques, elle était intervenue longuement sur la santé, lors de la dernière université d’été du PS à La Rochelle en septembre dernier, cognant sur la droite accusée de démanteler le pacte social. « La droite libérale organise le dépérissement de notre protection sociale avec des réponses très injustes - franchises, déremboursements - mais aussi inefficaces », avait-elle lancé. Elle avait récusé la présentation d’une gauche « laxiste, dépensière, arc-boutée sur un modèle dépassé » quand la droite incarnerait les réformes et l’efficacité.

Première intervention

Pour le Dr Claude Pigement, longtemps monsieur « santé » national du PS, souligne que Marisol Touraine « a la compétence et la légitimité parlementaire sur ces sujets ». À peine nommée, Marisol Touraine a dénoncé le « dérapage permanent » des comptes de la Sécu. « Après une loi de financement de la Sécurité sociale adoptée à l’automne 2008 prévoyant un déficit inférieur à 10 milliards, corrigé à 12 milliards par le ministre du Budget en janvier, tout indique que ce déficit franchira en réalité la barre des 20 milliards dès cette année. Alors que le gouvernement a fait preuve en la matière d’un manque coupable d’anticipation, les socialistes avaient, pour leur part, prévu cette dégradation lors du débat parlementaire de l’automne 2008 ». Et de fustiger l’ « hypocrisie » de la politique du gouvernement et « l’incapacité du pouvoir à maîtriser la situation financière ». Diagnostiquant une grave crise de recettes, traduction de la montée du chômageet de la diminution de la masse salariale, Marisol Touraine plaide pour un « plan de relance fondé sur un soutien à la consommation ». « En se murant dans ses dogmes, le pouvoir montre qu’il n’a rien saisi de la gravité du séisme social qui ébranle le système économique et menace notre système de protection sociale », conclut-elle.

C.D.

Source : lequotidiendumedecin.fr