Face à la grippe, les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables, avec un surrisque de complications sévères à la fois pour elles-mêmes mais aussi pour les nouveau-nés. Si la vaccination permet de réduire ces risques, une grande partie des femmes enceintes ne sont pas vaccinées contre la grippe selon une étude INSERM/AP-HP publiée dans « Human Vaccines & Immunotherapeutics ». Les auteurs se sont intéressés aux facteurs associés au refus ou, au contraire, à l'acceptation de la vaccination. Il en ressort que les femmes enceintes ne sont pas les seules à devoir être ciblées par la promotion de la vaccination : les professionnels de santé aussi ont besoin d'une piqûre de rappel.
Nombreux refus
Cette étude s'appuie sur les données de l'enquête nationale périnatale* de 2016. Au total, 11 712 femmes ayant accouché entre le 14 et le 20 mars 2016 ont été incluses dans l'étude. Seules 7,4 % d'entre elles étaient vaccinées contre la grippe. Une couverture vaccinale particulièrement faible, surtout en comparaison aux taux de 54 % estimé aux États-Unis et de 42 % en Angleterre.
Un quart des femmes de l'étude seulement se sont vues proposer la vaccination contre la grippe par un soignant, et parmi celles-ci, 70,4 % ont refusé. « Les refus étaient fréquents chez les femmes de moins de 25 ans, multipares, n'ayant pas fait d'études supérieures et ne travaillant pas pendant leur grossesse », soulignent les auteurs.
Les femmes vaccinées étaient en revanche principalement des femmes âgées de 30 à 34 ans, avec un niveau d'éducation élevé, travaillant dans le secteur de la santé et ayant connu peu d'accouchements. De plus, les femmes vaccinées étaient majoritairement suivies par un médecin généraliste pour leur grossesse. Les médecins généralistes prescrivent d'ailleurs davantage le vaccin que les autres professionnels de santé, même lorsqu'ils n'assurent pas le suivi de la grossesse.
Rassurer les femmes enceintes
Durant les 6 premiers mois de grossesse, 68 % des femmes sont suivies par un gynécologue-obstétricien, 20 % par une sage-femme et seules 9 % par un médecin généraliste. « Le problème en France est que les principaux professionnels chargés du suivi prénatal, les gynécologues-obstétriciens et les sages-femmes, ne se sont pas emparés de cette question, et n’ont pas intégré systématiquement la vaccination dans le déroulé de la surveillance prénatale », indique Béatrice Blondel, co-auteur de l'étude dans un communiqué INSERM.
Cette étude souligne donc le besoin de mieux sensibiliser les professionnels de santé et les femmes enceintes aux bénéfices de la vaccination, en regard des risques de la grippe chez cette population. Les femmes enceintes doivent aussi être rassurées sur la sécurité du vaccin, même pendant une grossesse.
En France, la vaccination des femmes enceintes contre la grippe est recommandée par les autorités sanitaires depuis 2012. Comme pour d'autres catégories de personnes considérées à risque, elle est prise en charge par l'Assurance maladie.
* Enquête réalisée périodiquement depuis 1995 et menée par l'INSERM.
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