Un numéro national d’appel destiné à recueillir la parole des personnes attirées sexuellement par les enfants a été lancé officiellement vendredi 29 janvier. L'objectif : prévenir les violences pédophiles en orientant les auteurs potentiels vers des soins adaptés. À l'occasion du lancement de la campagne de sensibilisation, Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de l’Enfance et des Familles, s'est rendu à l'hôpital Gérard Marchant de Toulouse pour échanger avec des professionnels et des patients.
Cité par l'AFP, il a déclaré : « il s'agit d'une mesure innovante qui s'inspire d'autres pays européens en avance sur nous et qui repose sur une évidence : éviter le passage à l'acte est la meilleure façon de protéger les victimes ».
Plus de 1 000 appels passés
Une expérimentation avait été lancée dès novembre 2019 par la Fédération française des Centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS) dans cinq territoires (Occitanie, Aquitaine, Centre-Val de Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne), avant d'être élargie en mars-avril 2020 à l'Île-de-France, au Rhône-Alpes ainsi qu'à des régions fortement touchées par le Covid comme la Lorraine. Selon le cabinet d'Adrien Taquet, le lancement de la campagne de communication marque le point de départ de la nationalisation du dispositif.
Au total, plus de 1 000 appels ont été passés, avec un nombre d'appelants de 336 et une centaine de patients pris en charge. Le dispositif, appelé Service téléphonique d’orientation et de prévention (STOP), s'appuie sur une ligne d'appel non surtaxée et confidentielle (0 806 23 10 63) qui permet aux appelants d'être orientés vers un réseau de soins spécialisés proche de chez eux.
« Les médecins psychiatres des CRIAVS contribuent à l’évaluation des personnes usagères du dispositif ainsi qu’à leur orientation. Ils forment les répondants, notamment au RUD (risque, urgence, dangerosité), et ils aident au sein des équipes des CRIAVS à constituer le réseau de soins qui fait suite au dispositif STOP », détaille pour le « Quotidien » le cabinet d'Adrien Taquet.
Une demande de soins des personnes concernées
La campagne de sensibilisation s'adresse à la fois au grand public et aux auteurs potentiels de violences sexuelles sur enfant. Elle se décline sur plusieurs supports (affiches, plateforme internet dédiée…) et a été conçue en lien avec les associations d’aide aux victimes (France Victime), les associations de victimes et de protection de l’enfance, ainsi qu'avec des patients pédophiles. « Les médecins hors CRIAVS peuvent informer sur le dispositif, en particulier en affichant la campagne dans leurs établissements », précise le cabinet d'Adrien Taquet.
Le projet STOP s'inspire en particulier de l'Allemagne, qui a lancé cette initiative dès 2005 sous le nom Dunkelfeld (champ sombre), avec une vaste campagne médiatique associée à des slogans percutants (« Aimez-vous les enfants plus qu’il ne le faudrait ? », « Que devrait-on faire d’un homme attiré par les enfants ?... L’aider »). Cet exemple allemand témoigne de la demande de soins des personnes concernées.
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