L’INFORMATION est précise : un système de fraude « à grande échelle » aurait été établi en faveur de Martine Aubry et les huissiers auraient constaté dans les Antilles et dans le Nord des truquages considérables. Autrement dit, c’est Ségolène Royal qui aurait dû être élue Première secrétaire puisque les résultats officiels n’indiquent que 102 voix d’avance pour sa rivale, laquelle détient le poste aujourd’hui. Ségolène Royal a annoncé qu’elle ferait une déclaration solennelle dans quelques jours, mais elle n’a pas attendu pour évoquer « les milliers de militants qui se sont fait voler leur vote ».
Bien entendu, on ne peut accueillir les informations contenues dans cet ouvrage qu’avec un grain de scepticisme : le camp Royal avait exprimé ses doutes juste après la proclamation des résultats, qui avaient été vérifiés et confirmés. Les auteurs affirment qu’ils détiennent des preuves, ils auraient mieux fait de les publier. Même les gens hostiles à Martine Aubry, et ils sont nombreux, ont du mal à croire qu’elle a trempé dans un complot aussi misérable, qui n’honore ni le PS ni la démocratie. Enfin, les deux journalistes qui se sont fait une notoriété instantanée sont jeunes, peut-être impétueux et pourraient avoir ressorti, comme l’affirme Larent Fabius, une affaire enterrée. Après tout, Mme Royal n’avait pas insisté et avait accepté la victoire de Martine Aubry.
Mais si les révélations du livre sont confirmées dans les jours qui viennent, l’affaire est d’une très grande importance. C’est le sort du PS et, accessoirement, le destin de Ségolène, qui sont en question. Compte tenu des pesanteurs de la bureaucratie socialiste, qui ne se laisse conquérir que si l’on passse sous ses fourches Caudines, l’élection présidentielle de 2012 a peut-être été faussée par cette manipulation antérieure. Mme Royal a encore des chances de représenter la gauche en 2012, mais elle en aurait eu beaucoup plus si elle ’avait, dès 2008, pris en main le PS. Il n’est d’ailleurs pas indifférent que sa défaite face à Mme Aubry ait modifié sensiblement la stratégie de Ségolène qui, avec sagesse, a préféré se rapprocher de la Première secrétaire. Voilà qu’une nouvelle occasion lui est fournie de retourner à sa première méthode qui consiste à émerger des mêlées les plus confuses, de briller au moyen de la démagogie et de la provocation, d’émettre des idées plus destinées à faire parler d’elle qu’à être appliquées.
SI C’EST VRAI, LE DESTIN DE LA GAUCHE ET DE SÉGOLÈNE ONT ÉTÉ CHANGÉS
Le contexte de l’époque.
Sans doute sera-t-elle retenue, au bord de cette nouvelle aventure, par le désagrément d’une nouvelle bataille contre Mme Aubry, identique à la précédente, mais peu cohérente avec le rapprochement récent. Il n’empêche que la Première secrétaire, dont, encore une fois, on n’est pas prêt à nier l’intégrité, ne pouvait ignorer les fraudes si elles ont été réellement commises. Chacun sait que le climat qui régnait au PS en 2008 se résumait à un slogan, « Tout sauf Ségolène », laquelle avait exaspéré les éléphants quand elle avait gagné, et de quelle manière, les primaires socialistes précédant la présidentielle de 2007. Une deuxième candidature de Mme Royal à la présidence épouvantait Martine Aubry, qui ne voyait en elle qu’une star glamour sans conviction, sans programme et sans culture politique, ainsi que Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, tout étourdi par le blitzkrieg au terme duquel Mme Royal a obtenu 47 % des voix à la présidentielle, et les éléphanteaux convaincus d’avoir l’épaisseur politique qu’ils nient à Ségolène. Bref, il faut se rendre à la raison : le PS est durablement marqué par le désordre, une aubaine pour la majorité actuelle.
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