LES RAISONS pour lesquelles la présidente de Poitou-Charente n’a pas voulu plonger le parti dans un nouveau chaos sont irréfutables. Elle aurait donc dû renoncer à toute revendication, d’autant que, en cas d’élections de rattapage, elle ne sera pas candidate. Elle adopte, en définitive et de façon irréversible, une stratégie de conquête du pouvoir plus compliquée, alors que sa prise en main du PS représentait la voie la plus simple vers l’élection présidentielle de 2012. Les commentateurs soulignent que, dans un entretien, mardi soir, avec TF1, elle n’a pas manqué, comme d’habitude, de se présenter en victime. Mais elle est vraiment victime du virulent ostracisme de ses « camarades ». D’aucuns affirment que la fraude est courante dans les élections internes du PS: sa fréquence n’en diminue pas la gravité. Il s’agit de consultations qui déterminent l’avenir du candidat et on voit mal comment une repise en ordre ne devient pas urgente et indispensable dans un parti qui se dit vertueux et infiniment démocratique.
Ségolène marginsalisée.
On peut légitimement s’inquiéter des errements idéologiques de Ségolène Royale, des excuses qu’elle a cru bon de présenter aux Africains et au Premier ministre espagnol à la suite de propos tenus par Nicolas Sarkozy, de son penchant pour une « démocratie directe » qui alimente la démagogie, et même de ses mensonges, quand elle prétend bénéficier de titres et de soutiens inexistants ; on ne peut pas nier sa popularité qui est plus grande, à gauche, que celle de Martine Aubry. Laquelle affirme qu’elle a autre chose à faire que de retourner sur un passé qui n’a que dix mois, comme si bourrer les urnes n’était qu’anecdotique. La première secrétaire, c’était inévitable, a tout le pouvoir utile et Ségolène Royale est progressivement marginalisée, confinée dans des prestations télévisuelles qui ne remplacent guère la mise en ordre de bataille du parti dans la bataille des régionales. Si Mme Aubry fait du bon travail et conserve l’hégémonie socialiste sur le territoire, c’en sera fini des chances présidentielles de Mme Royale, même si elle a toutes les chances d’être réélue présidente de Poitou-Charente. En outre, son mouvement, Désirs d’avenir, reconterait des difficultés financières, ce qui est normal dès lors qu’elle n’est pas soutenue par le parti (qui ne peut pas financer tous les courants) mais risque, à terme, de nuire à son influence. Elle qui prétendait qu’Obama l’avait imitée en trouvant sur Internet les ressources et la dynamique de sa campagne des primaires est bien incapable aujourd’hui d’appliquer la méthode électronique du candidat devenu président des États-Unis.
ROYAL S’EST ASSAGIE, MAIS LA SAGESSE N’EST PAS SON PREMIER ATOUT
On ne saura pas avant longtemps qui représentera la gauche aux élections générales de 2012. Le meilleur candidat, à nos yeux, serait Dominique Strauss-Kahn, en dépit de ses frasques washingtoniennes. Il est toutefois incontestable que la popularité de Ségolène Royale, malgré sa chute dans les sondages, repartirait de plus belle si elle se présentait. Or ce qui compte, pour le PS, c’est de reprendre le pouvoir et donc de se donner le candidat le plus apte à réussir. S’il y a eu fraude en novembre dernier, ce serait non seulement scandaleux, mais révélateur d’une direction du PS qui pense moins à l’emporter qu’à survivre. Et Mme Aubry, quoi qu’elle dise, représente aujourd’hui ce qu’il y a de plus archaïque dans le parti.
Une alliance incertaine.
La fin de l’été semblait pourtant marquer le début d’une nouvelle ère. On a salué le discours de Martine Aubry aux universités d’été du PS à la Rochelle, sans trop s’attarder sur le fait qu’elle se contentait de céder aux injonctions de Vincent Peillon et d’Arnaud Montebourg. Elle a donc annoncé des primaires et une consultation des militants en octobre. L’affaire déclenchée par « Hold-uPS... » a jeté une ombre sur l’intégrité du parti, lequel, ne l’oublions pas, a fait aux européennes un score seulement identique à celui des Verts. Personne ne peut dire qu’une grande alliance verte et rose l’emporterait aux régionales. On ne sait pas si les écologistes feront alors le même tabac qu’aux européennes. Daniel Cohn-Bendit a juré qu’il aurait la peau du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il a échoué. Feu de paille ? Ségolène n’a pas voulu casser la baraque, ce qui signifie peut-être qu’elle a perdu son goût pour la provocation. Mais, la provocation, c’était ce qui la singularisait. Et le Parti socialiste ne semble pas aujourd’hui en meilleur état qu’avant l’été.
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