La publication incomplète ce vendredi du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur les conditions du suicide du Pr Jean-Louis Mégnien, cardiologue à l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP), exaspère l'association éponyme de médecins contre le harcèlement à l'hôpital.
Les experts de l'IGAS ont décidé de rendre publique uniquement une synthèse de cinq pages de leur travail – au regard de l'enquête judiciaire toujours en cours et par respect de la vie privée du défunt. Ils constatent des « manquements » dans la conduite du traitement du conflit qui opposa le Pr Mégnien à plusieurs confrères et à l'administration. Dans une lettre adressée à Marisol Touraine, l'IGAS évoque aussi les « lacunes » dans la manière dont les instances hospitalo-universitaires ont géré l'affaire.
Mais pour l'association Jean-Louis Mégnien, fondée par trois PU-PH dont deux exerçant à l'HEGP, la raison de cette autocensure est très différente. « Il eût été facile de ne pas mentionner les éléments relatifs à la vie privée de Jean-Louis Mégnien. La vraie raison est ailleurs. Ce rapport met en cause des personnes facilement identifiables : les responsables médicaux et administratifs locaux (HEGP) et centraux (siège de l’Assistance publique – hôpitaux de Paris) impliqués dans ce drame », dénonce l'organisation.
Sanctions disciplinaires
Sur le fond, l'association regrette que l'IGAS passe sous silence l'hypothèse du harcèlement moral, « sans doute pour protéger les personnes mises en cause des conséquences pénales de leurs actes. » « La question qui se pose à ce stade est celle des sanctions disciplinaires à l’égard des auteurs de ces "manquements ", de ces "lacunes", deux termes synonymes de fautes », ajoute le Pr Bernard Granger, psychiatre à l'hôpital Cochin (Tarnier) et membre fondateur.
Sur ces bases, l’association réclame la communication intégrale de ce rapport « par tous les moyens légaux possibles » mais aussi un rendez-vous avec le directeur de l’IGAS « pour obtenir des explications sur la méthode utilisée par les auteurs de ce rapport, notamment sur l’élimination de documents pourtant essentiels pour la manifestation de la vérité. »
En parallèle, les médecins souhaitent rencontrer la ministre de la Santé afin d'évoquer d'éventuelles sanctions disciplinaires et l'interroger sur les suites qu'elle compte donner au travail de l'IGAS.
Marisol Touraine a déjà annoncé qu'elle comptait s'appuyer sur cette enquête pour émettre « à l'automne » un plan d'action contre les risques psychosociaux à l'hôpital.
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