ON ALLAIT tout faire grâce à la baisse de la TVA : les prix baisseraient, les employés seraient augmentés, et les patrons embaucheraient 40 000 personnes de plus. À imaginer les merveilleuses conséquences de la baisse, on se demandait comment l’Europe pouvait s’opposer à une telle initiative. Pourtant, en y réfléchissant, même avant la baisse, il n’était pas difficile de comprendre que la même mesure n’avait aucune chance de produire trois résultats, qu’il était sans doute possible de réduire les prix, d’augmenter les salaires ou de recruter, mais pas les trois à la fois. En réalité, ce qui semble s’être passé, c’est que les restaurateurs ont réparti les 14 % de baisse sur les trois objectifs avec un impact à peu près trois fois moindre. Les projections sur l’emploi ont, entretemps, été révisées à la baisse : les embauches seront au nombre de 6 000 au lieu de 40 000.
La faute de la crise.
Beaucoup de restaurateurs ont pourtant fait de leur mieux, par exemple en affichant les nouveaux prix comparés aux anciens. Dans ce cas, on voit tout de suite que la différence est minime, de l’ordre de 5 %, ce qui serait déjà bien si l’employeur a augmenté les salaires par ailleurs, ou qu’il a grossi ses effectifs de quelques employés. Il est vrai que les syndicats de restaurateurs avaient pris des engagements avec la baisse et que la moindre des choses, dans un contrat moral passé avec l’État, est de tenir ses promesses. Mais la baisse est intervenue au cur de la crise, c’est-à-dire à un moment où les comptes de la restauration se sont sensiblement dégradés. Pour la plupart des propriétaires de restaurant, la baisse de la TVA a servi d’oxygène de survie, mais n’a pas permis auxl patrons de se montrer généreux.
Comme la mesure coûte quelque 3,5 milliards d’euros à l’État dans une période de vaches maigres, les élus de la majorité se plaignent d’un projet qui n’a pas été suffisamment mûri avant d’être appliqué. Mais la France a dû batailler pendant huit ans avant d’obtenir le consentement européen. Jacques Chirac avait juré qu’il obtiendrait la baisse de la TVA dans la restauration ; c’est son successeur qui a emporté la décision. C’est pourquoi le gouvernement doit faire son mea culpa. Le temps n’a pas manqué pour mettre au point un plan d’action avec, peut-être, des objectifs moins stratosphériques.
Et maintenant, que faire ? Il n’est pas question de revenir en arrière, d’autant que les restaurants les plus affectés par la crise mettraient la clé sous le paillasson. M. Novelli s’efforce donc d’obtenir une amélioration des salaires et plus d’embauches à dose homéopathique. Les syndicats ont promis, bien sûr, de faire un effort. Mais la diversité de la profession (avec des entreprises florissantes, d’autres qui tirent le diable par la queue), exclut la rédaction d’un texte contractuel contraignant ou qui aurait force de loi.
LA BAISSE DE LA TVA A SERVI D’OXYGÈNE DE SURVIE À UNE PROFESSION VICTIME DE LA CRISE
L’obsession de la dette.
Les restaurateurs, pendant cette phase II de la baisse de la TVA, feront comme pour la phase I : ce qu’ils peuvent. Il est clair que l’État n’espère plus de la disposition les effets mirobolants qu’il escomptait. Sur une addition, la différence ne dépassera pas un, deux ou trois euros. Sur les salaires, ce ne sera qu’un coup de pouce à la manière du SMIC. Sur l’embauche, l’objectif étant divisé par sept, on peut croire, sans être naïf, qu’il sera atteint. Il demeure que le coût de la mesure est plus élevé que ses conséquences positives sur l’emploi et le pouvoir d’achat. La crise a tout changé : en 2007, nous étions sur une pente de réduction du chômage et d’une amélioration du pouvoir d’achat. L’État, à l’époque, n’était pas aussi inquiet qu’aujourd’hui au sujet des déficits et de la dette. Maintenant, la dette est une obsession. On dit qu’on n’augmente pas les impôts, mais les prélèvements sociaux ne cessent d’augmenter et la santé va coûter encore plus cher à cause de la hausse des cotisations aux mutuelles. Les Français seront donc moins nombreux, l’an prochain, à aller au restaurant.
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