POUR LES présidentielles de 2007, Nicolas Dupont-Aignan n’avait pas obtenu les 500 signatures qui lui auraient permis de se porter candidat. Pour les européennes de 2009, Debout la république plafonne à 0,5 % dans les sondages. La tête de liste en Ile-de-France affronte 26 candidats, notamment Michel Barnier (UMP) et Harlem Désir (PS), mais il ne se décourage pas : le Dr Jean-Pierre Enjalbert compte accrocher ses électeurs en plaçant la santé au cur de sa campagne.
Sa profession de foi électorale met en avant son métier, angiologue (en clinique). En gras, ce slogan : « Ordonnance pour sauver la santé publique en France ». En dessous, la liste des symptômes, faisant état de « menaces communautaires » comme « l’ouverture « unedu capital des laboratoires d’analyse médicale aux non-professionnels, la remise en cause du monopole de la Sécurité sociale (...), l’absence de régulation dans la prise de contrôle des cliniques privées par des fonds boursiers, et le projet de directive communautaire qui prévoit d’ouvrir l’accès de nos hôpitaux à tous les ressortissants communautaires ». Puis la prescription, qui invite à voter Debout la République le 7 juin pour s’opposer à la libéralisation du secteur médical en Europe.
Trois médecins et deux infirmières.
Le tract de campagne déroule le reste du programme : supprimer la Commission européenne, rompre les négociations d’adhésion avec la Turquie, organiser un protectionnisme européen, choisir une défense indépendante des États-Unis. « Nous ne sommes pas contre l’Europe, nous proposons une autre Europe, précise Nicolas Dupont-Aignan, député-maire dans l’Essonne, et numéro 3 de la liste Ile-de-France pour le scrutin européen. Face à la volonté de déréguler les systèmes de santé, mieux vaut des députés vigilants que des députés de « l’UMPS », le PS et l’UMP ayant voté tous les traités européens depuis vingt ans ».
En Ile-de-France, la liste Debout la République regroupe deux infirmières et trois médecins. Notamment le Dr François Morvan, qui souligne que l’on survit plus longtemps à certains cancers en France qu’en Grande-Bretagne. Une inégalité que ce cancérologue met sur le compte de notre système de protection sociale, plus avantageux. « Il faut que la France ait le droit d’imposer son veto » pour conserver sa Sécu, insiste-t-il. Le Dr Iradj Gandjbakhch, chirurgien cardiaque, ajoute : « L’Europe s’est construite sur un dogme : la concurrence est bonne. Or il y a des limites à tout, y compris à la concurrence ».
Difficile, le Dr Enjalbert l’admet volontiers, de séduire les foules en parlant de l’Europe de la santé. « Ce débat européen existe peu », dit-il. Pour mener campagne, l’angiologue jongle avec ses consultations, et organise des opérations com’. Récemment, ce fut une journée dans les pharmacies pour alerter sur la victoire, « grande mais fragile », que représente à ses yeux un récent arrêt de la Cour européenne ayant reservé l’activité de pharmacie aux seuls pharmaciens. L’opération aura suscité moins de buz sur Internet que lorsqu’il est s'est rendu à la police, fin avril, pour se constituer prisonnier au nom de tous les internautes qui téléchargent illégalement. Une dénonciation du volet répressif de la loi HADOPI qui lui a valu d’être relâché par le commissariat, et, surtout, de faire parler de lui.
Gaulliste de la première heure, ancien membre du RPR, le Dr Enjalbert est un déçu de l’UMP. En 2007, il est candidat libre aux législatives, fait campagne sur un slogan, « la sarkovigilance », et récolte 10,33 % des voix. Cette campagne européenne est une première pour lui. Résultat à la sortie des urnes dimanche soir.
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