L ES kystes hydatiques, signes cliniques d'une échinococcose, sont le plus souvent diagnostiqués au niveau du foie (60 % des cas), mais ils peuvent aussi être mis en évidence au niveau des poumons (20 %). Afin d'uniformiser le diagnostic échographique de ces lésions, l'OMS va, en fin d'année 2001, proposer une classification internationale de ces images pathognomoniques. Le diagnostic sera donc retenu en présence d'une capsule arrondie contenant des cystes parasitaires, des cystes filles et/ou des cystes collabés, éventuellement accompagnés de calcifications périphériques.
Intérêt du scanner hélicoïdal ou de l'IRM
Comme l'a rappelé le Dr B. Gottstein (Berne, Suisse), le scanner hélicoïdal ou l'IRM, lorsque ces techniques sont disponibles, permettent l'obtention d'images extrahépatiques de façon plus précise que l'échographie. Pour le suivi thérapeutique, l'imagerie est essentiellement fondée sur la répétition d'échographies puisque l'on sait que les cystes correctement traités deviennent rapidement hyperéchogènes.
Sur le plan des examens biologiques, la recherche d'anticorps et d'antigènes circulants peut être utile en cas de doute diagnostique. Ces mesures sérologiques se révèlent plus spécifiques en cas de lésion hépatique (sensibilité de 85 à 98 %) qu'en présence d'atteinte pulmonaire (sensibilité de 50 à 60 %) ; une confirmation secondaire de la positivité de ces tests par immunoprécipitation est nécessaire. Récemment, une quantification des antigènes anti-AG5 Mabs et l'utilisation de techniques de PCR ont aussi été proposées, dans les cas où la biopsie à visée diagnostique, à l'aide d'une aiguille de fin diamètre, est effectuée.
Une affection ubiquitaire
Zoonose liée à une infection par Coxiella burnetii, la fièvre Q est une affection ubiquitaire. Si, dans quelques régions du globe, aucun cas n'a été rapporté au cours des dernières années, c'est principalement en raison du manque de moyens diagnostiques disponibles localement. Ce micro-organisme très résistant est disséminé selon deux modes de transmission : vertical (des tiques aux animaux domestiques et sauvages) et horizontal (entre animaux proches). En Europe, depuis quelques années, la voie la plus commune d'infection humaine n'est plus la piqûre de tique, dont l'incidence a régressé en raison des modifications des conditions de vie, mais la voie aérienne au contact d'animaux domestiques ou lors de la transformation de produits animaliers. Des contaminations alimentaires (lait et produits laitiers) ont aussi été décrites, mais il semble qu'il s'agisse d'un phénomène très minoritaire, difficile à quantifier.
« En Europe, les formes aiguës sont le plus fréquemment retrouvées. Cliniquement, les symptômes sont variés (arthralgies, myalgies, asthénie, céphalées...) mais toujours accompagnés d'un syndrome fébrile intense sans point d'appel clinique franc », explique le Dr J. K. Kazar (Bratislava, Slovaquie). Des cas d'infections chroniques accompagnés d'endocardites ont été décrits ces dernières années dans des pays d'Europe de l'Est et des Balkans.Dans ces régions, en effet, les cas d'infections aiguës sont souvent mal diagnostiqués et le passage à la forme chronique est, de ce fait, plus fréquent », analyse le Dr Kazar.
Les mesures préventives
Le diagnostic de la fièvre Q est fondé sur un examen sérologique avec une recherche par PCR de l'agent causal. Outre l'incitation à une meilleure détection de la maladie, des mesures préventives peuvent être mises en place au niveau européen : contrôle sur l'importation et le transport d'animaux domestiques, désinfection et contrôle des produits animaux transformés et pasteurisation systématique du lait. Enfin, des mesures de vaccination peuvent aussi être ponctuellement mises en place chez les animaux comme chez les humains.
Liée à un virus de la famille des Lyssavirus, la rage peut affecter tous les animaux à sang chaud et conduit de façon quasi systématique au décès de l'animal. Généralement, le contact infectant s'effectue par morsure ou griffure puisque le virus est instable dans l'environnement. Seule exception à ce mode de transmission, il est possible de contracter la rage par voie aérienne au contact de chauves-souris. En Europe, actuellement, quatre grandes espèces animales sont touchées par des épidémies rabiques : les renards roux ( Vulpes vulpes), les chiens ( Canis familliaris), le renard arctique ( Alopex lagopus) et les chauves-souris sérotines ( Epistesicus serotimus). En Afrique et en Asie, ce sont les chiens domestiques et errants qui « transportent » la maladie de façon quasi exclusive.
L'épidémie qui touche actuellement l'Europe a commencé durant la Seconde Guerre mondiale à Kaliningrad et s'est développée en quelques décennies à l'ensemble du continent. Depuis les années cinquante, des mesures pour vacciner les animaux domestiques ont été mises en place. En l'absence de résultat probant, un contrôle de l'infection sauvage est la seule mesure actuellement envisageable. Théoriquement, il s'agirait de limiter la population infectée (renards et chauves-souris) en vaccinant les animaux sauvages.
Immunisation orale d'animaux sauvages
Des tentatives ont été développées en ce sens en effectuant une immunisation orale des renards par un vaccin modifié. Dès la fin des années soixante-dix, les Suisses ont mis en place de telles mesures. D'autres pays européens ont suivi. Actuellement, quatre pays européens sont considérés comme indemnes de la maladie grâce à de vastes campagnes de vaccination : la Finlande depuis 1991, les Pays-Bas (1991), l'Italie (1997) et la Suisse (1998).
Après un pic de 24 377 cas en Europe en 1989, seulement 6 591 cas ont été recensés en 1999 et ce nombre devrait encore diminuer en raison des campagnes de vaccination et grâce à la mise en place de réseaux de surveillance.
« Emerging and Resurgent Infectious Diseases », avec les communications des Drs B. Gottstein (Berne), J. K. Kazar (Bratislava), L. Sihvonen (Helsinki).
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature