Alors que récemment, une étude du groupement Epi-Phare mettait en exergue le défaut de vaccination des femmes enceintes contre le Covid, la Direction générale de la santé (DGS) appelle les professionnels à se mobiliser pour rectifier le tir. « Gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, médecins traitants, pharmaciens, biologistes qui prennent en charge et accompagnent les femmes tout au long de leur grossesse doivent les sensibiliser à la vaccination avant et tout au long du suivi de la grossesse, indique ainsi un DGS-urgent daté du 22 février. Les bilans de dépistage, les examens obligatoires, les consultations de suivi de grossesse et la consultation périnatale représentent autant d’opportunités pour vérifier le statut vaccinal des femmes, les informer sur les bénéfices de la vaccination et la leur proposer. »
Moins de complications materno-fœtales
Selon l’étude Epi-Phare, 30 % des futures mères n'étaient pas vaccinées début janvier. Or « la vaccination est un moyen efficace et sûr pour prévenir les complications du Covid-19 pendant la grossesse », insiste la DGS. Par rapport aux femmes du même âge non enceintes, « les femmes enceintes non protégées contre le Covid présentent un risque accru de complications liées à la maladie, notamment en ce qui concerne les admissions en soins intensifs, la ventilation invasive et les décès ». Le surrisque « porte également sur les risques d’accouchement prématuré, de césarienne et de décès des nouveau-nés à la naissance » et s’intensifie au-delà de 35 ans et pour les patientes présentant certaines comorbidités type obésité, diabète ou maladies cardiovasculaires.
Au total, par rapport à une femme enceinte non infectée, le risque d’admission en soins intensifs serait multiplié par 18, celui de perte fœtale par 2,8, et celui d’admission du nouveau-né en soins intensifs par 5 lorsque la mère est infectée. « Une étude américaine récente a par ailleurs montré le bénéfice de la vaccination des mères pour les nouveau-nés, poursuit la DGS, avec un moindre risque d’hospitalisation au cours de leurs 6 premiers mois de vie (- 60 %) quand la mère est vaccinée ».
Aucun signal de pharmacovigilance pour le moment
Côté tolérance, « les effets de la vaccination chez les femmes enceintes font l’objet d’une surveillance continue dans le cadre du dispositif de pharmacovigilance, rappelle la DGS. Et à ce jour, les études disponibles n’ont pas montré de conséquences des vaccins à ARNm sur le déroulement de la grossesse ». Selon l’ANSM, aucun signal de pharmacovigilance n’a été identifié chez les femmes enceintes et allaitantes avec l’ensemble des vaccins anti-Covid disponibles en France. Parallèlement, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) rappelle que plusieurs études récentes ont démontré que la vaccination n’induit pas de risque accru d’avortement spontané, et que l’administration d’un vaccin à ARNm n’affecte pas les grossesses obtenues par fécondation in vitro.
« Pour ces différentes raisons, la vaccination contre le Covid-19 (en primo-vaccination et en rappel) est donc fortement recommandée chez les femmes ayant un désir de grossesse ainsi que chez les femmes enceintes quel que soit le terme de la grossesse », rappelle la DGS.
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