L’asthme est un problème important de santé publique et l’asthme infantile est la maladie chronique la plus fréquente de l’enfance, avec une prévalence estimée en France à 12,4 % chez les enfants de 12 à 14 ans. Il n’y a pas de données épidémiologiques précises chez le nourrisson. C’est une maladie chronique, variable dans le temps, marquée par des épisodes réversibles de dyspnée aiguë. Il est défini par une obstruction des voies aériennes réversible, une inflammation des voies aériennes et une hyperréactivité bronchique.
QU’EST-CE QUE L’ASTHME DE L’ENFANT DE MOINS DE 36 MOIS ?
Il n’existe pas de définition internationale consensuelle de l’asthme du nourrisson et du jeune enfant. La définition retenue en France est la suivante : il s’agit de tout épisode dyspnéique avec râles sibilants qui s’est produit au moins trois fois depuis la naissance et cela quels que soient l'âge de début, la cause déclenchante et l'existence ou non d'une atopie.
COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC ?
› Le diagnostic de l’asthme de l’enfant de moins de 36 mois est avant tout clinique, à savoir :
– des épisodes à répétition de toux et de sifflements souvent favorisés par les infections virales, les irritants dans l’environnement, en particulier le tabagisme, l’exercice ou les émotions ;
– les symptômes surviennent le plus souvent la nuit ;
– entre les crises, l’enfant est asymptomatique ;
– la courbe staturo-pondérale est normale ;
L’étude du carnet de santé est ainsi essentielle.
› La présomption du diagnostic est renforcée par l’existence de signes d’atopie personnels, mais cette présence n’est pas nécessaire au diagnostic : eczéma atopique, rhinite allergique, allergie alimentaire ou de signes familiaux d’atopie (parents et/ou fratrie).
› La radiographie du thorax de face en inspiration et en expiration, le plus souvent normale en dehors de la crise, est indispensable lorsque le diagnostic est évoqué, afin d’éliminer les diagnostics différentiels importants : malformations, corps étranger...
Un asthme doit aussi être évoqué devant une toux induite par l’exercice, une toux nocturne, une toux chronique ou récidivante, une toux persistante après une bronchiolite, des sifflements persistants (« happy wheezer », c'est-à-dire nourrisson ayant des sifflements permanents sans retentissement sur l’état général ni sur l’activité, sans toux ni dyspnée intercritiques).
UN TRAITEMENT ANTIASTHMATIQUE D’ÉPREUVE EST RECOMMANDÉ
Lorsque le tableau clinique et radiologique est en faveur d’un asthme, l’efficacité d’un traitement antiasthmatique d’épreuve renforce le diagnostic. L’inefficacité du traitement ou une efficacité partielle n’élimine pas le diagnostic.
› Ce traitement repose sur :
– les bêta-2 mimétiques de courte durée d’action (B2CA) : salbutamol 200 µg prescrit à la demande trois à quatre fois par jour pendant sept à quinze jours ;
– les corticostéroïdes inhalés (CSI) : lorsqu’ils sont indiqués, la dose est adaptée au stade de sévérité et ils sont prescrits pendant deux à trois mois à la suite desquels l’état clinique de l’enfant est réévalué.
› Le traitement est efficace lorsque la toux et/ou les sifflements et/ou la dyspnée sont améliorés.
QUAND DEMANDER UNE ENQUÊTE ALLERGOLOGIQUE ?
L’enquête allergologique est à réserver aux enfants de moins de 36 mois qui ont des symptômes respiratoires persistants malgré le traitement de fond et/ou sévères et/ou nécessitant un traitement continu et/ou associés à des symptômes extra-respiratoires compatibles avec une origine allergique, et/ou en cas d’antécédent allergique marqué chez les parents ou la fratrie.
› Les « prick-tests » sont alors recommandés en première intention dans le bilan allergologique.
Les allergènes à tester avant 3 ans sont les pneumallergènes les plus fréquents (acariens, chat, chien, pollens de graminées). Les trophallergènes ne seront testés qu’en cas de symptômes évocateurs d’allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide, soja, morue, noisette).
Si les « prick-tests » sont positifs, il existe un risque accru de persistance des symptômes respiratoires.
› En l'absence de possibilité de réaliser des « prick-tests » : les tests multiallergéniques (TMA) à réponse globale (Phadiatop®, Phadiatop® nourrisson, Alatop® par exemple) incluant chez le nourrisson un TMA vis-à-vis des trophallergènes (Trophatop® enfant 1, 2 et 3) sont indiqués en première intention.
En cas de positivité, l’enquête allergologique doit être poursuivie.
Les TMA à réponse spécifique n'ont pas d'indication chez l'enfant de moins de 36 mois.
› Le dosage des IgE sériques totales ou spécifiques d’un pneumallergène en pratique courante n’est pas recommandé en première intention.
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