« Depuis qu'elle subit beaucoup de stress dans son travail, Mme C., 39 ans, souffre régulièrement de maux de tête qu'elle appelle « migraine ». Mais l'interrogatoire retrouve en fait des céphalées de tension à traiter par une meilleure gestion de son stress au travail et de son traitement antalgique... »
Un diagnostic et des traitements à préciser
Les patients confondent souvent la migraine et les céphalées de tension. Aussi est-il important, avant de se lancer dans un suivi thérapeutique régulier de la migraine, de s’assurer du bon diagnostic en précisant la sémiologie (crises qui durent de 4 à 72 heures, céphalées unilatérales, pulsatiles, aggravées par l’effort, associées à des nausées-vomissements-photophobies, précédées éventuellement d’auras…). Le contexte de stress et d'anxiété, le caractère bilatéral des douleurs évoqueront plutôt des céphalées de tension. Mais dans les deux cas, il est fréquent que les patients s’automédiquent multiplement, d’où des effets secondaires potentiellement néfastes ou des céphalées de rebond. D’où la nécessité de faire préciser au patient les traitements déjà pris avant la mise en place d’un traitement adapté.
Un fatalisme à combattre
Relativement fréquente (16 % chez les femmes, 5 % chez les hommes), la migraine est pourtant sous diagnostiquée et sous-traitée : 35 à 45 % des patients qui en souffrent ne consultent pas. Ce symptôme, pourtant invalidant au quotidien, s’associe à un sentiment de fatalité, comme s'il fallait « vivre avec ». Pourquoi ce fatalisme ? Essentiellement du fait de multiples idées reçues comme « ça passera à la ménopause », « c’est à cause des dents, des sinus ou de la vésicule », « il n’y a rien à faire, c’est familial »…(voir encadré). Pourtant des traitements efficaces existent ; bien conduits, ils réduisent considérablement le handicap que crée cette maladie dans la vie de tous les jours.
Une approche globale pour le traitement
Selon les dernières recommandations*, le traitement de la crise repose sur la co-prescription AINS/triptan :prise en première intention d’un AINS, dès le début de la crise, suivi du triptan en traitement de secours au bout de deux heures. Des approches non médicamenteuses peuvent aussi être préconisées : repérage et évitement des facteurs déclenchants (luminosité excessive, bruits, odeurs, prise de chocolat, alcool, œuf, friture…), meilleure gestion du stress et de l’anxiété (relaxation). Enfin cette pathologie, éminemment psychosomatique, est sensible à l’effet placebo (50 % au lieu des 30 % habituels), effet lié à l’attention portée par le médecin à son patient et à sa maladie migraineuse et donc à la qualité de la relation médecin-patient.
* Prise en charge diagnostique et thérapeutique de la migraine chez l'adulte et chez l'enfant, Haute Autorité de Santé (HAS), octobre 2002
Dr Jean-Pierre Rageau
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