LE QUOTIDIEN : Vous venez d'acquérir le groupe hospitalier mutualiste de Grenoble (GHM), portant à 60 le nombre de vos cliniques. Quelle est la prochaine étape ?
BERNARD BENSAID : Nous avons commencé à racheter des établissements de santé en 2010 au tribunal ou de gré à gré. Désormais, notre objectif est de devenir le premier opérateur global de la santé et du bien-être en France, de la ville à l'hôpital, du domicile à l'EHPAD. On s'inscrit dans une démarche de réseau de soins pour éviter les ruptures de prise en charge et les actes, radios et consultations inutiles à nos patients. Attention : nous ne sommes pas une mutuelle, le patient reste libre de son choix et le praticien intervient comme bon lui semble.
750 praticiens travaillent dans nos établissements. Sous quel statut ?
Les médecins sont pour la majorité salariés des ESPIC que nous avons rachetés, selon la grille de rémunérations du privé non lucratif [CCN 51, NDLR]. Nous ne changeons jamais le statut des structures acquises ou des médecins qui y exercent. De même, on ne licencie personne et on ne remet pas en cause les revenus tels qu'ils existent.
Certains praticiens exercent aussi en libéral. C'est par exemple le cas à l'hôpital de Chantilly, qui cumule la double casquette clinique privée/ESPIC. Salarié le matin, libéral l'après-midi : ce double statut est attractif pour les médecins, mais c'est aussi une source de complexité pour les gestionnaires.
Le numérique fait partie intégrante de votre stratégie de réorganisation. Comment ?
Sur le terrain, on constate des situations ubuesques. Un exemple : il y a plusieurs heures d'attente aux urgences du CHU de Grenoble. C'est inacceptable. Le numérique peut aider à répondre aux demandes des patients, qu'on ferait mieux parfois d'appeler « impatients ». Doctegestio possède trois services d'urgences et dix centres de soins non programmés. Nous voulons ouvrir au premier semestre 2021 un service d'urgences en ligne 24 heures sur 24 et 7 jours sur sept pour soulager les hospitaliers mais aussi les médecins de ville.
Sur cette plateforme intégrée, les patients pourront, selon le degré d'urgence, s'informer, prendre un rendez-vous en ligne ou consulter un médecin adéquat, en étant remboursé par la Sécu dans le cadre de la téléconsultation – nous sommes en discussion avec la CNAM. C'est un outil qui, j'en suis sûr, aidera les médecins dans la prise en charge de leurs malades. C'est aussi source d'attractivité.
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