Après la revalorisation des gardes à l’hôpital, voici venu le temps des astreintes. Les praticiens hospitaliers du Snphare appellent « à des mesures transitoires en urgence qui peuvent être prises du jour au lendemain, avec un doublement de la rémunération des astreintes et avec un effet rétroactif ». Le syndicat s’indigne notamment du montant des indemnités perçues pour prendre en charge AVC, infarctus du myocarde, greffes et bien d’autres pathologies urgentes. Le forfait maximal incluant les déplacements est de 199,56 euros bruts pour 14 heures d’astreinte, soit 14,25 euros brut de l’heure, s’agace le syndicat. « La faiblesse des astreintes est un frein au recrutement de nouveaux praticiens au sein des hôpitaux », analyse le Dr Mathieu Brière, vice-président du Snphare, qui juge que « certains sont moins bien rémunérés qu’une baby-sitter ».
Un forfait entre 70 et 280 euros
Cette demande de mesures transitoires s’inscrit dans le cadre d’une réforme des modalités de paiement des astreintes, en cours de discussion mais reportée à plusieurs reprises en raison des remaniements politiques. Concrètement, la réforme prévoit la généralisation de la forfaitisation des astreintes pour 2026, indique le Snphare. Les astreintes seront payées par un forfait global unique, qui devrait être constitué d’un plancher à 70 euros, d’un plafond à 280 euros et de plusieurs paliers intermédiaires. Le décompte du temps de travail restera néanmoins obligatoire.
Avec cette réforme, le gouvernement entend simplifier le paiement des astreintes en tenant davantage compte de la taille et des spécialités des établissements. Actuellement, la rémunération des astreintes se compose d’un forfait de base de 43,86 euros auquel il faut ajouter l’indemnisation de travail effectif.
En attendant la parution des nouveaux textes réglementaires, le Snphare propose d’aiguiller le gouvernement dans ses arbitrages par le « score astreinte » ci-dessous, qui prend en compte la pénibilité et la charge des soins dans la rémunération. L’objectif est que chaque service hospitalier réalise au préalable une évaluation de l'activité habituelle de sa ou ses lignes d’astreinte sur une durée suffisante (deux semaines) afin d’attribuer un nombre de points adapté à chacun des items de ce score. « Une réévaluation régulière de chaque astreinte est indispensable pour adapter la rémunération à la charge de travail », précise le syndicat, qui n’indique pas le montant du point utilisé dans son outil.

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