C'est une première dans le monde des établissements de soin. Le groupe de cliniques Vivalto santé affiche sa volonté de passer sous le statut d'« entreprise à mission » à l'horizon de juin 2021.
Cette appellation, introduite par la loi Pacte de 2019 (relative à la croissance et la transformation des entreprises), permet aux sociétés de modifier leur objet social afin de se fixer des objectifs sociaux et environnementaux. Les entreprises à mission se dotent alors d'une raison d'être et désignent un organisme tiers indépendant chargé d'évaluer au long cours l'exécution de ces objectifs. « Ce n'est pas simplement du greenwashing, c'est plus profond qu'un simple changement de statut », assure Daniel Caille, PDG et fondateur de Vivalto santé.
Le responsable du groupe de 40 établissements entend par ce biais « faire disparaître les idées préconçues » sur le secteur privé lucratif. L'équipe dirigeante a inscrit en ce sens six engagements dans sa raison d'être. « Une gouvernance partagée, la prise en charge globale des patients, des engagements en faveur de nos salariés, la pérennité du groupe via la sécurisation de l'emploi, une performance environnementale et enfin un engagement sur la recherche et l'innovation », énumère Sandrine Macario, DRH du groupe. Concrètement, ce statut prendra la forme d'indicateurs « auditables par une partie tierce », comme le taux de patients bénéficiaires de la CMU pris en charge, la consommation énergétique ou la production de déchets médicaux.
Pour les médecins, le changement le plus important réside dans la gouvernance. « Dans chaque clinique, un comité de direction associera les différents managers et des médecins élus par leurs pairs afin de développer des projets médicaux au niveau local », détaille le Dr François-Bruno Le Bot, médecin administrateur du groupe Vivalto santé. L'ophtalmologue de Saint-Malo se félicite de ce tournant. « Je ne me suis jamais reconnu dans la notion de but lucratif », confesse-t-il. Cette terminologie, le PDG Daniel Caille souhaite même la « faire disparaître ». « Nous ne considérons pas que la réussite économique est l'alpha et l'oméga, c'est une condition nécessaire mais loin d'être suffisante, résume le patron du groupe. Nous ne distribuons pas de dividendes à nos actionnaires et nous sommes au service du public ».
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