Le syndicat Sud Santé Solidaires de l’Assistance publique -Hôpitaux de Paris (AP-HP) a repris ce jeudi sa « marche des hospitaliers », une opération symbolique (d’un hôpital à l’autre) qui entend protester contre le démantèlement du service public, les restructurations au sein du CHU francilien et la dégradation des conditions de travail.
Après une pause d’une semaine et demie, Sud Santé a donc battu à nouveau le pavé. Le parcours de cette journée ensoleillée a rallié l'hôpital Saint-Louis depuis l’Hôtel-Dieu. À l’arrivée, debout dans le hall principal de Saint-Louis, une trentaine d’agents réunis en assemblée générale étaient venus écouter les responsables syndicaux dont l'objectif affiché était de « renverser la table ».
« Nous voulons faire de ces marches des moments forts d’échange avec le personnel dans tous les hôpitaux », explique Olivier Youinou, infirmier anesthésiste et co-secrétaire général de Sud Santé AP-HP. « La direction nous reproche souvent de ne pas objectiver les choses dans nos revendications. Eh bien, avec ces marches, nous allons obtenir une vraie photographie de ce qu’est notre institution. »
Carte sanitaire
Le syndicaliste a insisté sur le caractère hautement symbolique du parcours choisi. L’Hôtel-Dieu, en plein Paris, est « symptomatique des restructurations de la carte sanitaire », qui raisonnent « en termes d’offre de soins, et non en termes de demande ». Quant à l'hôpital Saint-Louis, il incarne selon Olivier Youinou la souffrance au travail qui se généralise dans le plus grand CHU d’Europe. « Sur cinq suicides d’agents recensés par la direction de l’AP-HP depuis le début de l’année, trois ont eu lieu à Saint-Louis », accuse-t-il. Il ajoute que ce n’est pas un hasard si cet établissement a été l'objet d'un documentaire choc diffusé sur la chaîne Arte, « Dans le ventre de l’hôpital ».
Dur de mobiliser
Malgré sa charge émotionnelle, cette marche n'a pas fait le plein, loin s'en faut. Dans le hall de Saint-Louis ce jeudi, il fallait tendre l’oreille – dans le bruit ambiant – pour entendre les syndicats dénoncer les efforts budgétaires « insupportables » réclamés au groupe hospitalier Saint-Louis, Lariboisière, Fernand-Widal, épingler les « supra groupes » hospitaliers, mais aussi les effets destructeurs du « lean management » et la réduction du temps de transmission consécutive à la nouvelle organisation du temps de travail au sein de l’institution.
« Les cadres leur laissent à peine cinq minutes pour descendre », murmurait une responsable syndicale à l’oreille d’une collègue qui s’étonnait du faible nombre de personnes présentes dans le hall de l’hôpital. « On a un mal fou à mobiliser », a reconnu Olivier Youinou, qui ne baisse pas les bras pour autant. « Nous allons multiplier les rencontres », promet-il.
Quatre nouvelles « marches » sont programmées jusqu’au 16 novembre : de Saint-Antoine à Tenon, de Chenevier à Emile-Roux, de Paul-Brousse à Charles-Foix, et de Jean-Verdier à René-Muret. Une « grosse manif » est envisagée pour la mi-novembre.
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