Telle « une maison rongée par les termites », l’hôpital est « menacé d’effondrement », assène le juriste Alain Supiot dans la préface du nouveau livre du Pr André Grimaldi. Le célèbre diabétologue, professeur émérite au CHU de la Pitié-Salpêtrière à Paris, identifie trois maux principaux, responsables de la dégradation du secteur public hospitalier. La réforme Debré des CHU de 1958 a provoqué à la longue la « coupure » de l’hôpital avec la ville. Plus grave, sous le poids des contraintes budgétaires, l’hôpital s’est transformé lui-même en « entreprise commerciale » au gré des réformes – Ondam, tarification à l'activité, loi Bachelot, etc. Enfin, l'hôpital serait malade des « défaillances » de la médecine libérale (« logique inflationniste du paiement à l'acte », PDS facultative, hausse du reste à charge pour les soins courants…). Pour éviter la faillite, le Pr Grimaldi propose plusieurs mesures fortes : plan de santé publique sur cinq ans, budget hospitalier indexé sur l’augmentation des charges et des besoins de santé, T2A limitée aux activités standardisées programmées, ratios soignants/patients adaptés à la charge de travail… Autre credo : redonner davantage de pouvoir aux soignants à l'hôpital !
« L'hôpital nous a sauvés : sauvons-le ! », Pr André Grimaldi, Odile Jacob, 100 pages, 11,90 euros.
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