ACTUELLEMENT, deux-tiers des patients admis aux urgences doivent bénéficier d’un examen d’imagerie, et la demande ne fera que croître avec l’augmentation du nombre de passages aux urgences et l’élargissement du champ d’activité de l’imagerie diagnostique et interventionnelle. « Or les professionnels de la radiologie sont tenus et tiennent à répondre avec la même efficacité à la demande quels que soient l’heure et le territoire, souligne le Pr Jean-Michel Bartoli. Pour atteindre cet objectif, nous pouvons nous appuyer sur les SROS-PRS (Schémas régionaux d’organisation des soins Projets régionaux de santé) 2012-2017 qui comportent un volet imagerie et permanence des soins en établissements de santé ».
Afin d’améliorer la pertinence des demandes d’examens d’imagerie, la Société française de radiologie (SFR) a édité un guide du Bon usage, dont la dernière mise à jour date de février 2013. Les radiologues sont encouragés à adapter ce référentiel, en collaboration avec les services d’accueil des urgences (SAU), aux moyens et aux pratiques de leurs institutions, en mettant en place des conventions. Des protocoles ont été élaborés en lien avec la Société française de médecine d’urgence, mais ils doivent évoluer en permanence avec les progrès thérapeutiques et de l’imagerie. « Il est souvent difficile de répondre 24 heures/24 aux demandes légitimes de scanner et d’IRM, ce qui est une source de tensions, et il faut que le centre hospitalier donne aux services d’imagerie les moyens de répondre aux requêtes des SAU », estime le Pr Bartoli.
Quelles sont les voies de progrès pour éviter l’écueil de la gestion de la pénurie ? D’une part la nécessité d’un équipement adapté aux besoins en matériel lourd (avec un objectif de 20 à 22 IRM/million d’habitants comme en Allemagne) ; d’autre part des radiologues bien formés en nombre suffisant pour assurer à la fois les urgences (un radiologue senior doit être présent 24 heures/24 dans les SAU assurant plus de 40 000 passages annuels) et la pratique quotidienne ; et enfin une meilleure valorisation des actes, dont la réalisation et l’interprétation en urgence sont plus complexes et plus chronophages que pour les examens programmés. « Alors que nous avons besoin d’étoffer les équipes et que l’évolution démographique laisse entrevoir une baisse à 5 000 radiologues à l’horizon 2017, le nombre de postes d’internes en formation ne sera que de 1 100 sur une période de 5 ans, rappelle le Pr Bartoli. Il s’agit certes d’une augmentation, mais trop faible par rapport à un besoin estimé à au moins 1 300 pour pouvoir disposer, dans toutes les régions, de radiologues compétents en radiologie interventionnelle comme en échographie pédiatrique et pelvienne ».
Enfin, les radiologues doivent pouvoir s’appuyer sur des outils informatiques adaptés : SIR (systèmes d’information radiologique) et PACS (systèmes de communication et d’archivage radiologique), qui sont devenus indispensables en particulier pour le développement de la télé-expertise et par là même la continuité des soins dans certaines zones géographiques.
D’après un entretien avec le Pr Jean-Michel Bartoli, radiologie et imagerie médicale générale et vasculaire, hôpital de La Timone, Marseille.
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