Nouvel épisode dans le conflit social aux urgences adultes du CHU d’Angers. En grève depuis le 19 janvier, les agents poursuivent leur mobilisation. Les syndicats Force Ouvrière et Sud Santé Sociaux appellent la population à se rassembler samedi 14 février 2026 à 10h30, devant la mairie d’Angers.
L’appel intervient alors que les soignants dénoncent un manque de moyens structurels. Infirmiers, aides-soignants et personnels administratifs réclament la création de lits pérennes ainsi que l’ouverture d’un poste d’aide-soignant(e) supplémentaire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Lettre ouverte au maire Christophe Béchu
Cette mobilisation fait suite à une lettre ouverte adressée le 6 février à Christophe Béchu, maire d’Angers et président du conseil de surveillance du CHU. Signé par 107 agents du service, le courrier alerte sur des conditions d’accueil et de prise en charge jugées indignes pour les patients comme pour les professionnels.
« Notre service d’urgence reçoit tous les ans l’équivalent de 15 % de la population d’Angers Loire Métropole. Le dimensionnement de notre service ne permet pas un accueil décent et convenable », écrivent les grévistes. Les soignants sollicitent une rencontre rapide avec le maire.
Selon des chiffres communiqués par la direction du CHU, le mouvement est bien suivi, avec des taux de participation élevés bien qu’en baisse : 64 % le 19 janvier, 61 % le 2 février et 44 % le 13 février. L’établissement recensait en moyenne 154 passages quotidiens la dernière semaine, contre 165 en janvier 2026.
Ce vendredi 13 février à la mi-journée, 14 patients étaient en attente d’une hospitalisation aux urgences, dont 7 nécessitaient une prise en charge psychiatrique. L’attente est plus marquée pour ces derniers, « leur hospitalisation nécessitant un transfert vers des structures spécialisées », pointe la direction.
Psychiatrie d’urgence sous tension
Au cœur du conflit, les moyens humains et capacitaires. S’il n’existe pas de postes vacants chez les médecins urgentistes, les effectifs paramédicaux restent incomplets, situation à l’origine du mouvement. Les équipes exercent par ailleurs dans des locaux vétustes, conçus pour 30 000 passages annuels et qui en absorbent aujourd’hui près du double.
L’acmé de la tension chez les personnels a été « l’ouverture d’une unité de huit lits dans un couloir des urgences adultes entre deux unités d’hospitalisation » pour tenter de contenir le flux, écrit le Pr Dominique Savary, chef du service des urgences dans une lettre de soutien au mouvement le 20 janvier.
Sur le versant psychiatrique, la tension est particulièrement forte. « En aval, il manque en moyenne 50 lits par semaine pour la psychiatrie. On a des patients qui peuvent rester jusqu’à 12 jours dans les couloirs des urgences psychiatriques », s’indigne Benjamin Delrue, délégué Force ouvrière. Selon lui, trois patients sont décédés en deux mois en attente d’être vus par le médecin. Ce qui contribue plus encore à la colère des soignants.
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