Pourquoi s’engager dans l’exercice en équipe ? Au-delà des aspects réglementaires, ce format répond à de véritables enjeux de terrain : rompre l’isolement des professionnels de santé libéraux en améliorant les conditions d’exercice, renforcer le travail en équipe pour une prise en charge globale et continue des patients, mutualiser les moyens et les compétences, et favoriser l’installation de nouveaux professionnels dans les territoires sous-dotés…
Équipes de soins primaires : la première étape du collectif
Constituées autour de médecins généralistes de premier recours, les équipes de soins primaires (ESP) rassemblent des professionnels de santé souhaitant s’organiser autour d’un projet commun pour améliorer la prise en charge coordonnée de la patientèle et répondre aux besoins de soins non programmés. Format souple et évolutif, l’ESP permet aux jeunes praticiens de tester la coordination sans s’engager immédiatement dans une structure plus lourde. Techniquement, les ESP doivent s’engager au travers d’un projet de santé transmis à l’agence régionale de santé (ARS), lequel doit préciser les objectifs, les membres, les modalités de travail pluriprofessionnel (réunions, protocoles, systèmes d’information partagés sécurisés), ainsi que les méthodes d’évaluation. Ce projet donne lieu à une contractualisation avec l’ARS.
Le pendant version spécialistes : l’équipe de soins spécialisés
La notion d’équipe de soins spécialisés (ESS), entrée dans la convention médicale 2024, vient compléter le cadre des équipes de soins primaires en ville pour les besoins « urgents » et « semi-urgents ». Elle vise à structurer et organiser l’offre de second recours sur un territoire donné, faciliter la collaboration entre les acteurs du 1er recours (dont les CPTS), du 2e et du 3e recours (établissements de santé), et offrir un point de contact aux médecins traitants. Objectif affiché : fournir un point d’appui clair aux médecins généralistes pour l’orientation des patients nécessitant un avis ou une prise en charge spécialisée. En fluidifiant l’accès à un avis spécialisé, les ESS contribuent directement à l’amélioration des parcours de soins, notamment pour les situations complexes ou nécessitant une orientation rapide. La constitution d’une ESS donne lieu à un contrat tripartite – contrat de crédit d’amorçage – conclu entre avec l’ARS et l’Assurance-maladie.
Regroupées dans un même bâtiment ou multisites, les MSP ne sont pas d’abord un projet immobilier mais une démarche d’organisation collective
Les maisons de santé pluriprofessionnelles : un exercice libéral mais coordonné
À ne pas confondre avec les centres de santé (médecins salariés), la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) réunit des professionnels de santé libéraux – médecins, auxiliaires médicaux, pharmaciens, etc. – et doit être constituée d’au moins deux médecins généralistes et d’un auxiliaire médical exerçant en coordination autour d’un projet de santé commun. Qu’elles soient monosites (regroupées dans un même bâtiment) ou multisites (hors les murs), les MSP ne sont pas d’abord un projet immobilier mais une démarche d’organisation collective. Leur mission : participer à des actions de santé publique, de prévention, d’éducation thérapeutique ou encore sociales. Là encore, le projet de santé élaboré par l’équipe est validé par l’ARS. Le modèle vise à offrir un cadre stimulant pour le travail d’équipe, la formation et l’innovation, et contribue à renforcer l’attractivité de l’exercice libéral en favorisant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Les MSP font partie des dispositifs qui pourraient être labellisés par le réseau France Santé annoncé par Sébastien Lecornu. Une subvention moyenne de 50 000 euros devrait accompagner cette labellisation et pourra être utilisée pour soutenir les besoins en ressources humaines (secrétaire médicale ou équipe soignante), les équipements, travaux ou encore investissements.
Les CPTS : une réponse territoriale et populationnelle
À une échelle plus large, les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) constituent le troisième niveau de structuration de l’exercice coordonné. Elles fédèrent, sur un même territoire, des équipes de soins primaires, des maisons de santé, des établissements hospitaliers, médico-sociaux et sociaux autour d’un projet de santé territorial. Ce projet, transmis puis contractualisé avec l’ARS, définit les besoins prioritaires du territoire, les actions pour y répondre, les modalités de coordination interprofessionnelle et les dispositifs d’évaluation. Elles favorisent ainsi la coordination ville-hôpital, la gestion des soins non programmés et les actions de prévention. Pour un jeune libéral, s’y impliquer, c’est s’intégrer dans un réseau de proximité et devenir un acteur reconnu de l’organisation locale des soins.
Créer sa MSP : un parcours accompagné
L’État et les collectivités soutiennent activement la création de MSP, et un objectif de 4 000 ouvertures est fixé à l’horizon 2027 par le ministère de la Santé. Étapes clés pour monter le projet : constituer une équipe pluriprofessionnelle (au minimum deux généralistes et un paramédical) ; élaborer un projet de santé, souvent en lien avec l’ARS ; créer une Sisa (société interprofessionnelle de soins ambulatoires), structure juridique indispensable pour bénéficier des aides ; adhérer à l’ACI (accord conventionnel interprofessionnel), qui conditionne le financement.
MéGalliThique : enseigner la relation médecin-patient par une analyse des blocages
Foire d’empoigne chez Jeunes Médecins : la branche francilienne du syndicat met en cause la direction nationale
4e année d’internat de médecine générale : des avancées mais la réforme se dessine dans la douleur
Des stages pour les étudiants français partis en Roumanie : un pas de plus de l’Ardèche pour attirer des futurs médecins