Ça y est, la proposition finale de convention nous est parvenue.
Le C à 25 € est acquis moyennant un embrouillamini de cotations plus complexes et restrictives les unes que les autres, le C à 25 c’est sympa car ça nous permettra de payer le supplément ASV… tout juste ; la Rosp disparaît, remplacée par un forfait abscons et purement administratif ; quant aux autres forfaits, ils n’apportent qu’une seule chose : on n’y comprend rien… sauf qu’on a plus à y perdre qu’à y gagner par rapport aux forfaits actuels.
La seule chose sûre est que notre métier, plus que jamais, n’a aucune perspective et qu’on va en prendre pour cinq ans non négociables.
Et l’intérêt, et le plaisir d’exercer, direz-vous ? Il s’amenuise de plus en plus avec les difficultés croissantes à accéder aux spécialités dans des délais inférieurs à six mois, avec des consultations où la principale interrogation sera d’appliquer la bonne cotation et de garder assez de temps, le soir, pour faire la paperasse informatique supplémentaire, vérifier les tiers-payants et leurs devis d’accessibilité.
Les syndicats vont-ils signer ? Certains oui, déjà prêt à expliquer à leurs adhérents que c’est la moins mauvaise convention possible et qu’ils ont sauvé les meubles voire obtenu des avancées, d’autres, comme la FMF à laquelle j’appartiens va faire voter chacun de ses adhérents tout en n’ignorant pas que c’est une mauvaise convention : les adhérents seront responsables de leur vote et de leur lendemain ; l’essentiel serait de conserver une représentation dans les commissions pour défendre les confrères… à défaut d’autre chose.
Le seul gagnant de cette convention sera le gouvernement qui continue dans la droite ligne qu’il s’est fixée : celle de la médiocrité.
Pour ma part je vote contre cette convention et contre cette médiocrité… mais j’ai décidé de voter à ma façon : avec mes pieds !
Et dire que si les syndicats avaient été plus forts de plus d’adhérents nous n’en serions pas là ! Et dire que si chaque médecin avait été plus ferme dans les contestations qu’il s’agisse de grève ou de mouvements tarifaires ou autres… nous n’en serions pas là ! Mais non ! Chacun compte sur l’autre, prompt à râler, mais hémiplégique de l’investissement personnel ! Eh bien les collègues vont avoir cinq ans pour y réfléchir… mais je n’en serai plus.
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