Faut-il signer le projet conventionnel ou non ? Il y a là deux positions différentes, deux stratégies, voire plus.
Du côté des « pro-signature », on peut distinguer deux camps. Le premier, celui des monocatégoriels (MG France et Le Bloc) qui, bien servis, à leur sens, ne voit pas pourquoi ils ne signeraient pas. MG France pouvant porter haut l’étendard de sa victoire à pouvoir coter C+ 2€ comme le faisaient les spécialistes qui cotaient C+ 2€ et ayant ainsi obtenu gain de cause (à mon avis cette victoire est un peu juste, étriquée, voire spécieuse). Le Bloc qui, structurellement, se plaignait de se voir délaissé par le reste du corps médical a vu des avancées non négligeables, donc pourquoi ne pas signer. On peut les comprendre.
Le second camp à pouvoir avoir envie de signer se trouve chez les polycatégoriels, car il y a, de-ci de-là, quelques avancées pour certaines spécialités, que les médecins généralistes (certains) peuvent trouver satisfaction dans le texte proposé et qu’il vaut mieux tenir que courir… et que parier sur un changement politique pour négocier mieux serait illusoire, les politiques ayant tous la même politique depuis… y a qu’à voir ce qu’on a vécu avec Roselyne Bachelot… Donc, autant signer. Sauf, si on pouvait espérer dans l’avenir proche !
De l’autre côté, celui des « non-signature », le compte n’y étant pas, ceux-ci espèrent avoir en face d’eux au second trimestre 2017 une majorité plus compréhensive, moins dogmatique… Et, en attendant, un règlement arbitral vaudrait toujours mieux que de fermer la porte pour cinq ans ; d’ailleurs, en cas de règlement arbitral, il y a obligation d’entamer des négociations au plus tard sous deux ans.
On voit dans ces deux attitudes que nos politiques ont un rôle à jouer. Mais eux comment peuvent-ils réagir ?
Pour ceux de gauche, la messe est dite, d’ailleurs dictée par le ministère des Affaires sociales et de la Santé, dictée par Marisol Touraine : c’est le texte conventionnel proposé et rien d’autre, sauf un règlement arbitral qui, promis juré, sera plus dur…
Bon si la gauche conserve le pouvoir, il y aura bien cette obligation de négocier quelque chose d’ici à deux ans en cas de règlement arbitral, mais là on a tout son temps et les moyens de faire traîner les choses…
Pour la droite, le problème est différent et sa solution dépend essentiellement de nous. Soit les syndicats signent une convention, pour cinq ans, et cela signifie qu’il n’y a pas de problème puisque les syndicats représentatifs des médecins ont signé, alors pourquoi remettre l’ouvrage sur le métier ? Soit les syndicats représentatifs des médecins n’ont pas signé de convention : la droite, si elle revient au pouvoir, a un problème, celui de solutionner un problème hérité d’une politique de gauche, celui de trouver un accord Uncam/médecins/Unocam, accord devant se démarquer du passé pour être crédible et acceptable.
Donc les politiques de la droite attendent de nous un signe (celui de la non-signature) pour se positionner.
On tourne en rond, là où les possibles signataires appartenant au second camp, au camp qui doute qu’un changement de majorité puisse bénéficier aux médecins, attendent un signe des politiques pour basculer dans le camp des non-signataires, les politiques, eux, attendant de nous voir exprimer notre profond mécontentement pour nous proposer des solutions.
Pour sortir de cette impasse, il n’y a qu’une solution à mon avis, dire haut et fort, comme depuis le printemps, que nous persistons à ne pas vouloir de la loi santé de Madame Touraine et de la convention qui va avec. Signer, c’est accepter d’avoir perdu, c’est se soumettre.
En ne signant pas nous continuons à nous battre, et comme le disait Christian Poncelet, mon maître en politique : « On a définitivement perdu que quand on cesse de se battre »
Se battre, c’est croire en nous, en nos valeurs. Les mois à venir nous apprendrons si les médecins ont cessé ou non de croire en eux.
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