Qu’ils aient quitté les négociations ou qu’ils soient restés autour de la table, tous les syndicats sont d’accord sur un point : les propositions chiffrées de l’Assurance maladie ne sont pas acceptables. Consacrant une enveloppe de 743,3 millions d’euros à la prochaine convention, la cnamts prévoit d’en affecter près des deux tiers au passage – progressif — du C à 25 euros. Elle entrevoit également une hiérarchie des consultations, rémunérées, selon leur niveau, 25, 30, 46 ou 60 euros. Si les évolutions apportées à la ROSP sont chiffrées, rien n’apparaît, en revanche, au titre du prochain « forfait structure ». Une absence parmi d’autres laissant les syndicats sur leur faim.
« Vu le contenu du document, on n’allait pas passer deux heures à regarder la présentation de la caisse », explique pour l'UNOF Luc Duquesnel dont le syndicat, la CSMF, a quitté précipitamment les locaux de l’Assurance maladie, une heure à peine après le début de la réunion. Le SML lui a emboîté le pas, « ne retrouvant aucune avancée à la lecture des propositions de la caisse ». À l’ouverture des négociations, en février dernier, Nicolas Revel avait assuré les syndicats d’une version de texte aboutie début juillet, rapporte Éric Henry, « or là, il nous dit que le texte soumis serait enrichi ». Et le président du SML de demander au patron de la CNAM « une nouvelle feuille de route très rapidement », une assemblée générale du syndicat devant se tenir samedi.
Regrettant également l’insuffisance des mesures, MG France a choisi de rester pour justement en demander plus. Une partie de la délégation de la FMF a elle aussi assisté à la poursuite de la réunion, abandonnée toutefois par son président, Jean-Paul Hamon. Quant aux chirurgiens du Bloc, il ne se sont tout bonnement pas rendus au siège de l’Assurance maladie.
Revendication portée par l’intersyndicale, le C à 25 euros semble bien loin d’être suffisant pour compter sur une signature des syndicats. Pour Luc Duquesnel, chef de file de l’Unof-CSMF, il ne s’agit là que d’un « affichage de la CNAM »; et il voit cette augmentation de 2 euros étalée sur 2 ans comme « une véritable provocation à l’encontre des médecins généralistes ». Mais d’après Nicolas Revel, "le principe du phasage est absolument incontournable au regard de ce que coûte cette mesure", précisant que la première augmentation interviendrait "dès l'entrée en vigueur de la convention".
Claude Leicher, président de MG France, donne une analyse politique de la situation, voyant la main du gouvernement derrière le passage du C à 25 euros en deux temps. Il souligne toutefois que Nicolas Revel « nous a annoncé que le document serait plus fourni la semaine prochaine ». « Ça tournerait autour d’un milliard d’euros », précise Jean-Paul Hamon. Un montant inférieur de 500 millions d’euros aux attentes des syndicats...
Hasard du calendrier: ce nouveau clash conventionnel, intervient alors que le conseil de la Cnamts a approuvé dans l'après midi les propositions d'économies que l'Assurance maladie propose au gouvernement : 15 membres ont voté pour ce plan de 1,42 milliards d'euros en 2017, 3 (la CGT) ont voté contre, 10 (le patronat) se sont abstenus et 7 ont pris acte.
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