Vie conventionnelle

Loi Rist : les médecins appelés à manifester le 14 février devant le Sénat

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Publié le 26/01/2023
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Lors de vœux à la presse «  combatifs », le Dr Franck Devulder, président de la CSMF, a appelé les médecins libéraux à manifester devant le Sénat le 14 février prochain pour protester contre la loi Rist. En plus de cette action commune, décidée avec l'ensemble des syndicats représentatifs de médecins libéraux, le gastro-entérologue exhorte les médecins à stopper les «  heures supplémentaires ».

Crédit photo : R. MEIGNEUX/ PHANIE

Pour les syndicats représentatifs de médecins libéraux, la coupe est pleine. Avec la loi Rist qui prévoit un accès direct à certain paramédicaux, « nous avons dépassé le stade du mépris, nous sommes entrés dans l'ère de l'humiliation », a fustigé, mercredi 25 janvier, le Dr Franck Devulder, président de la CSMF, lors de ses vœux à la presse.

Devant un parterre de journalistes, le représentant de l'organisation syndicale a assuré que la « CSMF refusera sans relâche toute proposition de loi qui irait dans le sens d'une dégradation de la qualité des soins ».

Suspendre toutes les heures supplémentaires

« La proposition de loi Rist va loin, beaucoup trop loin. Les Français doivent en avoir conscience », a-t-il insisté. 

Pour montrer qu'ils sont prêts à passer à l'actions, les six syndicats médicaux représentatifs (MG France, CSMF, UFML-S, FMF, SML,  Avenir Spé - Le Bloc) ont décidé, ensemble, d'actions communes pour faire entendre leur colère, a annoncé le président de la CSMF, hier. 

En plus de suspendre leur participation aux groupes techniques avec l'Assurance maladie, comme annoncé la semaine dernière, les six syndicats de médecins appellent  « les médecins à stopper les heures supplémentaires, c'est-à-dire la PDS, le SAS, l'ouverture les samedis matin et les consultations à partir d'une certaine heure le soir ». Une décision prise « à l'unanimité » dans la soirée du mardi 24 janvier lors d'une réunion. 

« Nous voulons dire stop, on nous marchait sur les pieds, maintenant on nous marche sur le visage ! », a tempêté le gastro-entérologue, lors de son point presse. 

Quelques jours plus tôt, le syndicat MG France avait, lui aussi, appelé au « boycott de la participation à la PDSA, du SAS » ainsi qu'à une fermeture « plus tôt le soir et une fermeture (totale) le samedi matin ».

Une manifestation « unitaire »

Par ailleurs, les six syndicats représentatifs de la profession ont décidé, « à l'unanimité », d'organiser une manifestation « unitaire » pour protester contre la loi Rist.

Celle-ci se tiendra le 14 février devant le Sénat, lieu hautement « symbolique », a estimé le Dr Franck Devulder, alors que le texte sera débattu au même moment dans la chambre haute du Parlement.

Interrogé sur la participation du collectif Médecins pour demain à cette manifestation, le président de la CSMF a assuré : « Même si parfois nos revendications sont différentes, la colère, le mépris et l'humiliation sont ressentis par tous, et ce, toute génération confondue. Aujourd’hui, le but c'est vraiment l'unité », a insisté le praticien.

Alors que les négociations avec l'Assurance maladie patinent, les six syndicats à la manœuvre de la manifestation du 14 février se sont d'ailleurs accordés sur des revendications communes.

Ils réclament ainsi au gouvernement « une enveloppe additive à l'Ondam de ville » dans le cadre de la convention médicale et exigent que le « niveau 1 des consultations ne soit pas assujetti à des contraintes », selon le Dr Devulder. Par ailleurs, ils exhortent le gouvernement que « ce qui relève de la convention (ne soit) pas traité par la loi ».

« Nous sommes intimement convaincus que nos demandes produiront les effets attendus en faveur de l'accès aux soins », a par ailleurs soutenu le Dr Franck Devulder.

Une signature fin février de plus en plus remise en cause

Malgré ce contexte tendu, la CSMF a confirmé sa participation aux séances bilatérales avec la Cnam prévues la semaine prochaine.

« Après deux mois et demi d'attente, la Cnam nous a enfin promis qu'elle avancerait, la semaine prochaine, des tarifs. Mais de vous à moi, je ne suis pas d'un optimisme absolu et je crains qu'on ne soit pas au bout de nos surprises », a toutefois tenu à nuancer le président de la CSMF. 

En principe, la convention médicale (pour la période 2023-2028) doit être signée, au plus tard, le 28 février. Mais en l'absence d'entente entre les deux parties, les négociations pourraient être écourtées et finir en règlement arbitral.

« Mais finalement, ne serait-ce pas le jeu de l'Assurance maladie que de nous mettre dans un réglement arbitral ? », interroge le syndicaliste, méfiant. En tout cas, « c'est un jeu dangereux car en passant par un réglement arbitral, on sera tous perdants », a mis en garde le praticien. 


Source : lequotidiendumedecin.fr