À l’aube d’une année électorale majeure comme celle qui s’ouvre, plus facile a priori de formuler des vœux que des prédictions… D’autant que, cette fois, quel que soit le choix des électeurs, la France va à coup sûr changer de président, presque certainement de premier ministre et par voie de conséquence très probablement aussi de ministre de la Santé… Pour les médecins généralistes, il y a pourtant quelque chose de paradoxal dans la situation actuelle. Malgré les changements de fond qui se préparent, la profession dispose curieusement d’un calendrier plutôt clair pour les mois à venir. Pour un début d’année, habituellement si propice aux conjectures en tous sens, c’est même presque une première.
Cette bonne visibilité tient pour l’essentiel à la fin des réformes et négociations, qui ont tant fait de bruit les mois précédents. La loi de santé tout d’abord, adoptée il y a un an, s’insère progressivement dans le paysage sanitaire, une grande part de ses décrets d’application étant publiés désormais. Ce dispositif s’accompagne, comme souvent, de l’entrée en vigueur d’une récente convention dont la plupart des effets, tarifaires notamment, prendront effet cette année. Et elle coïncide avec une réforme des retraites originale pour les médecins libéraux. Pour les généralistes, qui ont longtemps patienté, cette nouvelle donne est donc, à très court terme, l’assurance d’un sérieux coup de pouce tarifaire cette année, assortie pour les plus âgés de plus de souplesse de choix pour arrêter leur activité ou – espérons-le- jouer les prolongations…
Au-delà, 2017 comporte pourtant de sérieuses zones d’incertitude. Car c’est une autre séquence qui s’ouvre pour le système de santé. Personne ne peut vraiment dire ce que le prochain gouvernement fera au juste de la réforme Touraine, TPG compris… Et, malgré les polémiques de campagne, il est encore bien tôt pour imaginer une autre politique. Tout au plus voit-on émerger une préoccupation nouvelle : de droite, de gauche… ou d’ailleurs, tous les candidats s’intéressent à la santé et semblent d’accord pour revaloriser le généraliste et le placer au centre. Plutôt bon à prendre, mais pas nouveau. Car, si la plupart tirent la sonnette d’alarme sur l’accès aux soins, aucun n’a jusqu’alors indiqué quels moyens au juste il était prêt à mettre réellement sur les soins primaires. Des voeux de bonne santé donc, mais pour l’instant des vœux pieux…
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