Ils ne sont finalement que trois à avoir signé la convention. S’il ne faisait plus de doute quant à l’entrée en vigueur du texte le 1er janvier prochain – la FMF s’étant ralliée, dimanche, à MG France et au Bloc, signataires du protocole de fin de négociation, en juillet dernier —, restait à connaître la position de la CSMF et du SML. Chacune des deux organisations réunissait ses troupes, jeudi matin, à quelques heures de la signature officielle de la convention, au siège de l’Assurance maladie. Et chacune des assemblées générales s’est prononcée contre. Une opposition massive du côté du SML, dont les membres ont voté à plus de 95 % contre le texte négocié depuis six mois par les partenaires conventionnels. Nette du côté de la CSMF, l’opposition à 62,9 % des adhérents au syndicat de Jean-Paul Ortiz cache toutefois un grand contraste entre les généralistes qui, représentés par l’Unof, étaient à 78,2 % favorables à une signature tandis que les spécialistes de l’Umespe ont voté à plus de 96 % contre cette issue. « Au sein de la CSMF il y a des débats internes puis la décision est prise tous ensemble », souligne Jean-Paul Ortiz pour qui celle-ci est, dès lors, « la plus cohérente pour tous ».
La loi de santé en toile de fond
Du côté de la CSMF comme du SML, on assure ne pas être surpris par le résultat des urnes. « Les médecins libéraux ont fait un lien important entre la loi de santé et la convention », explique Luc Duquesnel. Sur le terrain, poursuit le chef de file de l’Unof-CSMF, « ils ont un ressenti très négatif par rapport à tout ce qui peut venir du gouvernement par rapport à la médecine libérale ». « C’est une sanction de la politique menée par Marisol Touraine », abonde Éric Henry. Aux yeux du leader du SML, « la convention subit les effets ricochets de la loi de santé car même si des choses ont été obtenues, elle ne fait que la prolonger ». À l’instar « des discriminations entre médecins de secteur 1 et de secteur 2 » que le généraliste breton voit dans la convention, impliquant « une hausse du reste à charge de nos patients, ce qui n’est pas audible pour nos adhérents ».
Pas de dénonciation de la convention en vue
L’absence du SML et de la CSMF n’a toutefois donc pas empêché les responsables de la FMF, de MG France et du Bloc de retrouver, une dernière fois dans ce cadre, Nicolas Revel. Et d’apposer leur signature au bas du texte. Mais l’heure n’était cependant pas à la satisfaction. « Il n’y a aucun triomphalisme, nous ne sommes qu’au début d’un commencement de rattrapage », a tempéré Claude Leicher. Même si, souligne le leader de MG France, « la convention donne, pour une fois, plus aux généralistes qu’aux spécialistes ». En signant la convention, « on prend nos responsabilités, on ne saute pas de joie », a assuré, pour sa part, Jean-Paul Hamon.
Horizon présidentiel
Le risque de voir la convention dénoncée par ses opposants est d’ores et déjà exclu s’agissant des généralistes. En effet, les résultats obtenus par la CSMF et le SML aux élections professionnelles, à l’automne dernier, ne leur permettent pas d’user de leur droit d’opposition pour le collège 1. Quant aux médecins des collèges 2 et 3, ils ne devraient pas davantage être concernés. Jean-Paul Ortiz a en effet vigoureusement écarté cette hypothèse, « il est hors de question de dénoncer la convention ». Et pour Éric Henry, « le combat n’est pas de s’opposer à la mise en œuvre de la convention ». Il faut dire que, pour le patron du SML, « on entre dans un autre schéma : celui de la présidentielle ». Un horizon que partage la CSMF. « On va travailler à un projet pour la médecine libérale qu’on ira présenter aux candidats », explique Luc Duquesnel. Et Jean-Paul Ortiz de rappeler les 10 points du « New Deal » esquissé, au printemps, par son organisation, qu’il s’agira de "peaufiner" et d’ "enrichir".
Retrouver les nouveautés liées à la rémunération à l'acte, aux forfaits et à la ROSP.
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur