Pas de Marisol Touraine à Giens vendredi pour le grand rassemblement annuel de la CSMF. Mais c'est encore à la ministre de la Santé que Jean-Paul Ortiz a réservé ses critiques les plus acerbes. Le président de la CSMF croit en effet déceler dans cette nouvelle convention « loin du compte » qu'il n'a pas signée « un des éléments du puzzle de la politique de santé de Marisol Touraine qu'elle a déjà largement décliné dans sa loi de santé ». A l'entendre, les négociations caisse-syndicats des mois passés ont amplement pâti de ce contexte législatif délétère, « malgré tous les efforts du directeur de la CNAM, souvent à l'écoute, faisant preuve de bonne volonté, mais aux ordres politiques. »
Sur le fond, le président de la CSMf a saisi l'occasion de cette 22eme Université d'été de la CSMF pour justifier son opposition au nouveau cadre conventionnel arrêté fin août. Un dispositif dont les principaux griefs tiennent, selon lui, d'abord à son iniquité. « Cette convention s'est évertuée à diviser les médecins » argue-t-il, « à permettre aux uns ce qu'elle refuse aux autres. » Et il en veut pour preuve le C porté à 25 euros « de façon artificielle », via une majoration qui exclut les confrères secteur 2, « une innovation dogmatique et inspirée par le ministère de la Santé (...) qui ne s'était jamais fait jusqu'à présent sur l'acte de consultation de base. »
Même analyse concernant le devenir de la hiérarchisation des consultations en quatre niveaux posée par le nouveau dispositif. Si le président de la Conf ' revendique la paternité de cette innovation, il regrette sa déclinaison finale « excluant de nombreuses spécialités et correspondant à des situations cliniques très limitées. »
Revalorisation en trompe l'oeil aussi avec les forfaits supplémentaires. Et Jean-Paul Ortiz d'égratigner le nouveau « forfait structure », vraie-fausse innovation, explique-t-il en substance, qui « ne fait qu'isoler une partie de la ROSP de la convention précédente. »
On aura compris qu'au total, le président de la CSMF ne regrette rien de la non signature de son syndicat, un niet qui a été adopté en son sein à un peu plus de 60% des adhérents et qui est une première depuis 20 ans. Et s'il ménage l'homme fort de l'Assurance maladie, c'est sans doute parce qu'il prend date pour la suite. « Il nous appartient de construire l'avenir de la médecine libérale et c'est toujours à la CSMF que cet avenir s'est construit (…) Son refus de la convention a d'ailleurs permis que ce débat reste ouvert et que le dossier de la médecine libérale ne soit définitivement clos à quelques mois des élections présidentielles. »
Tablerait-il sur l'alternance ? Pas forcément, car à l'en croire, « la CSMF n'a jamais misé sur un quelconque candidat ou un quelconque camp. » Mais il espère que les débats de la campagne feront avancer la réflexion sur les priorités de santé. Et de citer concernant les libéraux : exercice regroupé, via des « équipes de proximité coordonnées », mixité des statuts et des lieux d'exercice pour les libéraux, redéfinition de la place des complémentaires... A Giens, ces trois jours sont en tout cas délibérément tournés vers la réflexion prospective avec des ateliers tous peu ou prou centrés sur l'expertise médicale
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