Si les politiques s’emparent régulièrement des questions relatives à la santé des Français, quid de celle des soignants en souffrance ? À l’occasion des élections municipales, l’association Soins aux professionnels de santé (SPS, devenue « institut pour la santé des soignants ») entend faciliter la tâche des futurs élus locaux en offrant aux candidats douze propositions clés en main pour prendre soin des blouses blanches.
« La santé dans nos territoires commence par celle de nos soignants », clame l’organisation cofondée il y a plus de dix ans par le Dr Éric Henry, généraliste breton. Consciente que la santé ne relève pas stricto sensu des compétences des maires, SPS estime toutefois que les municipalités disposent de réels leviers d’action dès lors qu’elles abordent le sujet par un prisme transversal incluant l’urbanisme, l’éducation, la vie associative culturelle et sportive, la voirie, l’aménagement de l’espace public, l’action sociale et la sécurité.
Être formé aux premiers secours en santé mentale
Pour que l’amélioration de la santé des soignants ne soit pas qu’un vœu pieux, l’association propose d’en faire un « dossier spécifique » à mettre entre les mains d’un élu responsable, comme l’adjoint à la santé du maire. Cela implique ensuite que celui-ci prenne le temps d’échanger avec les premiers concernés (praticiens, étudiants) pour comprendre leurs besoins et qu’il inscrive la santé des soignants comme un axe à part entière des contrats locaux de santé (CLS) de son territoire.
Dans la même veine, élus et agents municipaux doivent être formés aux premiers secours en santé mentale (PSSM) pour mieux repérer et accompagner les soignants en souffrance. SPS met sans surprise à disposition des maires son dispositif maison d’accompagnement psychologique des professionnels vulnérables (numéro vert 0 805 23 23 36 et appli AssoSPS), ainsi que le guichet unique de ressources intitulé « La maison des soignants », en ligne et en présentiel à Metz et Paris. Plus innovant, l’association encourage les associations sportives locales à proposer aux soignants et étudiants en santé des tarifs préférentiels.
Stationnements, logements et solutions de garde
Au chapitre des avantages, SPS suggère diverses mesures pour créer un meilleur environnement de travail pour les soignants d’aujourd’hui et de demain : stationnement facilité (places de parking spéciales, gratuité), logements réservés en lien avec un bailleur social, solutions de garde adaptées à leurs horaires irréguliers et atypiques.
La sécurité étant l’un des sujets prioritaires, les maires ont tout intérêt à déployer un plan municipal de prévention et de lutte contre les violences et incivilités faites aux soignants, en lien avec la police locale, plaide SPS. Mesure plus consensuelle, le soutien à la création de maisons de santé et de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) est jugé essentiel pour rompre l’isolement social et professionnel des soignants.
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